Interdits de parler créole à Fresnes, les gardiens de prison portent plainte

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"Il y a plus de rats que de détenus", alertent les surveillants ultramarins de la prison de Fresnes
Les couloirs du quartier des hommes à la prison de Fresnes. ©FRED DUFOUR / AFP
A la prison de Fresnes, les surveillants ont décidé de porter plainte contre Adeline Hazan, la contrôleuse générale des prisons, pour discrimination, incitation à la haine et propos racistes. Dans un rapport, elle avait dénoncé l'usage du créole entre surveillants pénitentiaires.
Après la colère, ils passent à l'action. Les surveillants de la prison de Fresnes ont décidé de porter plainte, mardi 20 décembre, contre Adeline Hazan, la contrôleuse générale des lieux de privations des libertés. Ils portent plainte pour "discrimination, incitation à la haine et propos racistes", suite à la publication du rapport rédigé par Adeline Hazan.
 
Dans ce texte rendu public la semaine dernière, la contrôleuse générale des prisons pointait du doigt l'usage du créole entre les surveillants pénitentiaires à la prison de Fresnes (Val-de-Marne) où travaillent de nombreux ultramarins.
 

Racisme et discrimination

"Elle aurait pu rappeler que l'usage du Français était la règle, mais pas pointer du doigt le créole en nous stigmatisant, nous, Ultramarins. C'est de la discrimination", estime Cédric Boyer, secrétaire local de Force Ouvrière Pénitentiaire à Fresnes, à l'origine de cette plainte.
 
Les gardiens se disent conscients que la langue de la République est le Français mais ils déplorent que "par ses déclarations, Adeline Hazan a ciblé une catégorie de personnes selon l'appartenance réelle ou supposée à une région déterminée, une race, une nation ou une ethnie."
 
"La contrôleuse générale des prisons est une personnalité publique, et ses déclarations sont parues au journal officiel, ajoute le Réunionnais, Cédric Boyer. C'est inadmissible de tenir ce genre de propos au JO, nous avons été blessés et choqués. Nous voulons que la justice fasse respecter la loi à tous les niveaux et que les textes contre la discrimination, le racisme et les discours de haine soient respectés". "Nous saisissons la justice pour éviter toutes dérives et faire barrage au replis communautaire", conclut-il.
 

Le défenseur des droits

Pour mener leur combat, les surveillants de Fresnes sollicitent également Jacques Toubon, le défenseur des droits. Ils viennent de lui envoyer un courrier pour lui demander son aide et son soutien dans leur action.