JO de Séoul 1988 : l'Equipe de France de relais 4x100m décroche la médaille de bronze

JO 1988 4X100m médaille de bronze
Lors de la dernière journée des épreuves d'athlétisme des Jeux Olympiques de 1988 à Séoul, l'équipe française de relais 4x100m a brillé en décrochant la seule médaille de la discipline pour la France. Sur la troisième marche du podium, trois athlètes originaires des départements d'outre-mer ont réalisé cet exploit au sein du quatuor

Le RELAIS français aux JO 1988 en bronze ©outre-mer la1ere
 

La conclusion des compétitions d'athlétisme résonne avec le relais 4X100m. Sur la piste du stade olympique de Jamsil à Séoul, le nombre d'athlètes augmente et l'activité devient frénétique. Les États-Unis sont absents de la ligne de départ, éliminés dès les séries, et l'ombre du scandale entoure l'exclusion de Ben Johnson pour usage de stéroïdes anabolisants, survenue trois jours avant l'épreuve.

En cette dernière journée d'athlétisme se présente l’ultime possibilité de décrocher un podium sous les applaudissements de près de 70 000 spectateurs. Trois Ultramarins composent l’Equipe de France. Couloir 6, Bruno Marie-Rose canalise toutes ses énergies dans les starting-blocks. Un an avant les JO, le Martiniquais est sacré champion d’Europe du 200 mètres en salle et pulvérise le record du monde avec un chronomètre de 20’36 secondes. Marie-Rose effectue une course correcte et remet le bâton cylindrique au Réunionnais Daniel Sangouma juste à la limite des 30 mètres de la zone de transmission. Il se met en action et creuse son avantage sur le concurrent italien.

La transmission du témoin, la force des Bleus

Le passage de témoin entre Sangouma et Quénéhervé est parfait. Le quatuor a longuement travaillé l’habileté du geste et l’harmonie dans les mécanismes. La parfaite entente entre les athlètes facilite la réussite. Lancé, Gilles Quénehervé épouse parfaitement le virage. Il débouche sur la même ligne que le Soviétique et le Britannique. Le troisième relayeur transmet de bas en haut le témoin à Max Morinière. Sacré champion de France du 100m en 1987 et 1988, le natif de Fort-de-France a égalé le record national détenu par Antoine Richard. Le finisseur martiniquais prend son élan à l'intérieur de la zone de transmission. Témoin en main, au bout de la ligne droite, il file vers la médaille de bronze.

L’unique médaille de la délégation française en athlétisme

À la bagarre avec le Jamaïcain John Mair et l’Italien Stefano Tilli, Morinière s’accroche à la 3e place. À peine un mètre le sépare de la star anglaise Lindford Christie et du soviétique Vitaliy Savin. L'Union soviétique s’impose devant la Grande-Bretagne. La France se classe 3e, l’unique médaille de l’athlétisme pour la délégation française. Le quatuor tricolore, Marie-Rose, Sangouma, Quénéhervé et Morinière, améliore en 38 s 40 le record national établi à Mexico en 1968 en 38 s 42, sous le regard de Roger Bambuck, un des anciens détenteurs de la performance. 

Loin de la ligne d’arrivée, l’attente est longue pour les premiers relayeurs, avant que le résultat final s’affiche sur le tableau. Daniel Sangouma offre la première médaille olympique à La Réunion. En attendant le podium, il ressent un véritable relâchement. Un sentiment qu’il n’avait jamais éprouvé.

Le 1er septembre 1990, aux Championnats d'Europe de Split, Max Morinière, Daniel Sangouma, Jean-Charles Trouabal et Bruno Marie-Rose établissent un nouveau record du monde et de France du relais 4X100m, en 37 s 79. Le quatuor ultramarin améliore de 4/100e l'ancien meilleur temps détenu par les États-Unis depuis 1984. La meilleure performance mondiale sera reprise par les Américains, en 1991 à Tokyo, relais dont faisait partie Carl Lewis. Le record de France est toujours d'actualité.

Le Réunionnais Daniel Sangouma revient sur cet exploit

ITW DANIEL SANGOUMA RELAIS JO 1988 médaille de bronze ©Outre-Mer la1ere