Un accord nickel entre Eramet et la Nouvelle-Calédonie

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NICKEL
Usine de ferronickel SLN-Eramet de Nouméa ©Alain Jeannin
Eramet, le groupe français de la transition énergétique va investir 250 millions d’euros pour renouveler les équipements de sa filiale SLN en Nouvelle-Calédonie. En contrepartie, le gouvernement indépendantiste du Territoire augmente de 4 à 6 millions de tonnes les autorisations d’exportations de minerai de nickel.

La longue histoire des relations entre Eramet et les indépendantistes calédoniens a ouvert un nouveau chapitre. Celui de relations apaisées où chacun des acteurs a la volonté d’aboutir à un bon compromis, pour la SLN et pour la Nouvelle-Calédonie. Il est vrai que la flambée des cours du nickel y contribue. Ils viennent de dépasser un nouveau seuil haussier, au plus haut depuis 2014.

Le plan de redressement de la Société Le Nickel a fait un pas de géant. La SLN et le gouvernement indépendantiste Calédonien ont conclu des "engagements réciproques" pour assurer un "avenir durable" au plus ancien producteur mondial de nickel. Le gouvernement calédonien, dirigé par les indépendantistes, a donc autorisé le producteur métallurgique et minier à augmenter ses exportations de minerai de nickel à faible teneur de 4 à 6 millions de tonnes.

Cette autorisation était cruciale pour Eramet dans le cadre du plan de sauvetage décidé en 2019 pour redresser la rentabilité de la SLN, déficitaire depuis 2015 en raison de l’effondrement des cours du nickel. En 2021, le rebond spectaculaire des cours du métal au LME de Londres, et les gains de productivité réalisés à l’usine de Doniambo ont permis de dégager des résultats positifs.

Rentabilité et exportations

Eramet compte parvenir à une rentabilité durable de sa filiale calédonienne par des exportations de minerai brut à basse teneur, pas valorisables pour le moment en Nouvelle-Calédonie.

En 2021, la SLN a exporté près de 3 millions de tonnes de minerai brut à faible teneur et compte dépasser les 4 millions dès 2022. Les exportations de ferronickel de haute pureté destiné à l’acier inoxydable sont en recul en raison principalement des périodes de fortes pluies intervenues en 2021. Elles ont fait baisser la disponibilité des minerais détrempés et donc la production de l’usine de Doniambo. Cette dernière nécessite également une remise à niveau de certaines de ses installations de production. L’un des fours de l’usine est concerné, malgré son entretien régulier par les équipes de maintenance du site industriel, particulièrement compétentes.

Investissements de long terme

Eramet et donc la SLN se sont engagés à investir 250 millions d’euros d’ici à 2025 dans la modernisation de ses équipements. Ces investissements devraient permettre de rénover l’usine métallurgique de Doniambo et les sites miniers.

200 emplois doivent être créés. Le groupe minier, emploie déjà plus de 1000 salariés, il est le premier employeur privé en Nouvelle-Calédonie. Il va porter à 8 millions d’euros par an ses investissements sociétaux.

Une École des Mines calédonienne va être créée pour former les futurs ingénieurs calédoniens. A la fin du 19eme siècle, le géologue Stéphanois Jules Garnier, à l’origine de la SLN, avait lui étudié à l’Ecole des Mines de Saint-Etienne.

Autre signe fort, le gouvernement calédonien s’est engagé à trouver une solution avant 2026 pour fournir à la SLN une énergie décarbonée à un coût compétitif. L’appel à projet pour le remplacement de la centrale de Doniambo est lancé. Le groupe Eramet a demandé une solution d’urgence, avec l’installation d’une centrale temporaire, alimentée au fuel, afin de suppléer la production de la vieille centrale. Une demande examinée favorablement par Sonia Backes, la Présidente de la Province Sud de la Nouvelle-Calédonie.

"Depuis trois ans, la société a entrepris une refonte de son modèle économique, social et sociétal, dont les effets commencent à porter leurs fruits sans pour autant être suffisants", souligne la SLN dans son communiqué. Le berceau historique de l’industrie mondiale du nickel profite du rebond des cours du métal qui ont plus que doublé depuis leur plus bas de 2016. Et d’une relation nouvelle entre les différents acteurs politiques et économiques du secteur : "les opérateurs miniers vont de plus en plus être amenés à travailler ensemble", a souligné Gilbert Tyuienon, membre de l’exécutif calédonien en charge du secteur minier. En Nouvelle-Calédonie, quand le nickel va, tout va.

LME-NICKEL 17/02/22 à 10:35 GMT 24.091 dollars par tonne +2,91%