La France remporte le contrat du siècle en Australie : Eramet, Auber & Duval et la SLN calédonienne en bénéficient

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Sous-marin océanique Shortfin Barracuda de DCNS ©DCNS
L’Australie a finalement retenu l’offre du constructeur français DCNS pour la construction de 12 grands sous-marins océaniques de classe Shortfin Barracuda Block 1A. Un énorme contrat estimé à 34 milliards d’euros. Une excellente nouvelle aussi pour la SLN calédonienne.
A moins de quarante huit heures de son déplacement en Nouvelle-Calédonie le « méga contrat australien » est une excellente nouvelle pour le Premier ministre Manuel Valls qui déclare mardi matin sur son compte Twitter « Magnifique succès pour DCNS et notre industrie nationale : fierté pour nos ingénieurs, techniciens et ouvriers, coup de chapeau au partenariat franco-australien. La France qui avance, la France qui gagne ».
 

Contrat du siècle

Le groupe français DCNS a remporté ce mardi face à ses concurrents allemand et japonais un énorme contrat estimé à 34 milliards d'euros pour la construction de la prochaine génération de sous-marins australiens. Le premier ministre australien Malcolm Turnbull en a informé le président François Hollande. Ce contrat à 50 milliards de dollars australiens (34,5 milliards d'euros) est la plus importante commande militaire passée par l'Australie. Il porte sur 12 sous-marins océaniques qui devront remplacer les sous-marins actuels de la classe Collins fonctionnant au diesel et à l'électricité.
 
La part revenant à DCNS dans ce contrat géant pour lequel la filiale de Thales est entrée en négociations exclusives avoisine huit milliards d'euros. Ce mardi à Paris, l'heure est à la réjouissance. « La France est reconnaissante de la confiance que lui témoigne l'Australie et fière de l'excellence technologique dont ses entreprises ont su faire preuve dans cette compétition de haut niveau », a déclaré l'Élysée dans un communiqué. « Ce nouveau succès sera créateur d'emplois et de développement en France comme en Australie », a assuré de son côté l'Élysée. « Le choix par l'Australie de la France et de DCNS comme partenaires pour la construction de 12 sous-marins est historique », a encore affirmé la présidence française.
 

Sécurité régionale et nickel calédonien

Le contrat va représenter des « milliers d'emplois en France, des contrats de très longue durée », a estimé au micro d'Europe 1 le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian : « Nous nous sommes mariés à l'Australie pour 50 ans ». L'entrée en service des nouveaux sous-marins est prévue en 2027. Le contrat prévoit une enveloppe globale sur 50 ans comprenant notamment les infrastructures, la maintenance et la formation des équipages. Les 12 sous-marins, a assuré Malcolm Turnbull, seront « les vaisseaux les plus sophistiqués construits dans le monde ».
 
L'Australie a annoncé en février une rallonge de 29,9 milliards de dollars australiens (19,4 milliards d'euros) du budget de la Défense sur les dix années à venir pour faire face aux enjeux géopolitiques en Asie-Pacifique. Alliée des Philippines, l'Australie s'inquiète notamment de l'attitude de la Chine en mer de Chine méridionale, objet d'âpres contentieux territoriaux entre Pékin et les capitales régionales.
 
Les sous-marins français seront en grande partie construits à Adelaïde avec la participation de l’industrie australienne. Les Shortfin Barracuda Block 1A intègreront des composants de haute précision. Ces pièces ultra-résistantes seront réalisées à partir des alliages de nickel Eramet que la SLN calédonienne fournira pour usinage à la société Auber & Duval. Le contrat australien est décidemment une excellente nouvelle pour le Premier ministre Manuel Valls qui doit annoncer vendredi à Nouméa les mesures de soutien décidées pour soutenir l’industrie calédonienne du nickel et tout particulièrement la SLN.