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La volte-face des Philippines et le retour de l’Indonésie pèsent sur le marché du nickel et sur la Nouvelle-Calédonie

A Londres, une analyse de la banque CITI a fait baisser les cours du métal. Selon la principale banque d’investissement américaine du secteur des matières premières, l’audit minier philippin est décevant. Et la reprise des exportations indonésiennes de ferronickel se profile…

Métallugiste du nickel dans l'usine calédonienne SLN-Eramet de Doniambo
Métallugiste du nickel dans l'usine calédonienne SLN-Eramet de Doniambo
  • Par Alain Jeannin
  • Publié le
C’est une note d’analyste pessimiste et qui douche provisoirement les espoirs de reprise rapide des cours du nickel. Lundi matin, avant même l’ouverture du LME, les cours du métal ont immédiatement répercuté l’opinion négative de CITI. La banque est celle de l’industrie pétrolière et elle est très active à la Bourse des métaux de Londres. Son opinion compte.

CITI dévalue les Philippines

La note d’analyse de la banque américaine publiée à Londres souligne « qu’il faut attendre une baisse des cours du nickel au quatrième trimestre car il y a peu de signes de tension ou de déficit sur les livraisons de minerai ou de métal ». Et CITI de poursuivre : « Nous attendons la fermeture de 5 ou 6 mines aux Philippines au lieu de 12, et ces fermetures seront compensées par une augmentation des expéditions des autres mineurs du pays et par la hausse des exportations de ferronickel de l’Indonésie ».

Autant dire qu’il n’y aurait pas d’effet philippin sur le nickel, alors que la hausse annoncée pour 2017 des exportations indonésiennes de ferronickel est une nouvelle désagréable pour les usines calédoniennes.

Les analystes londoniens ont pris en compte l’ensemble des données disponibles qui soulignent les contradictions de la stratégie nickel des Philippines : moins de mines fermées que prévu, des investisseurs effrayés par la politique du gouvernement et pour finir le président du pays qui s’efforce d’être invité en Chine et au Japon. Pour l’agence Bloomberg, Rodrigo Duterte pourrait être tenté de donner des gages à Pékin et à Tokyo. Et les deux grands producteurs d’acier inoxydable ne veulent pas de tensions dans leurs importations de nickel…

Les rumeurs en attendant les faits

Tous ces éléments venant de Manille, où l’on entend tout et son contraire, ont tiré le nickel vers le bas, menaçant son gain hebdomadaire de 9,6 pour cent, le plus important en trois mois. Le métal et l’alliage de ferronickel utilisés dans l’acier inoxydable baissaient de 1,25 pour cent à 10.502 dollars au LME de Londres lundi à 16 heures (GMT). « Le marché spécule et les rumeurs négatives venant des Philippines dominent, mais il faut attendre les décisions officielles de Manille. Sur le long terme Glencore reste optimiste pour les cours du nickel » précise Robin Bhar spécialiste du marché des métaux à la Société Générale.

Glencore reste optimiste sur le long terme, un indice ?

L’analyse de CITI qui conclue que  « les craintes concernant une pénurie de nickel à cause des Philippines sont mal-placées » se trouve effectivement contredite par l’un des principaux négociants en matières première. L’anglo-suisse Glencore, qui possède 49,9 % du grand gisement de nickel du Koniambo en Nouvelle-Calédonie, prévoit au contraire « une hausse des prix du nickel en raison d’une probable pénurie d’approvisionnement mondiale ».

Plausible ? Peu probable ? Le scepticisme l’emporte lundi à Londres. L’opinion dominante est que les philippines qui s'engageaient sur la fermeture de 12 nouvelles mines de nickel n’ont pas réellement les moyens de l'imposer. 

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