Le Noël des militaires ultramarins des Forces françaises en Côte d'Ivoire

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Le Noël des militaires ultra-marins des Forces françaises en Côte d'Ivoire
La chorale qui a animé la messe de Noël, composée majoritairement de soldats du Pacifique ©Julie Straboni
Sur la base opérationnelle avancée d'Abidjan, 1000 soldats français se relaient toute l'année. Des "forces de présence" qui s’entraînent au quotidien pour rejoindre les théâtres d’opération extérieures en cas de besoin, et qui vivent aussi des moments de relâche en ces fêtes de fin d’année.

"Avenue du Maréchal Lyautey", "Rue de l'Armée d'Afrique" : le camp militaire de Port-Bouët, en banlieue sud d'Abidjan, est une véritable petite ville. On y circule beaucoup à vélo autour des installations sportives (piscine, dojo, salle de musculation, terrain de volley...), des food trucks et de la pizzeria, du coiffeur, de la supérette et du maraîcher : de quoi améliorer l'ordinaire pour les hommes et femmes qui y vivent. La plupart sont là pour quatre mois, quand d'autres y séjournent deux ou trois ans.

Ils viennent de régiments situés dans l'Hexagone et constituent une des quatre forces de présence françaises en dehors du territoire national, comme au Gabon, à Djibouti et aux Emirats Arabes Unis. Leur métier ? S'entraîner, pour être en mesure d'intervenir sur les opérations (opex) menées par la France à l'étranger. Des dizaines d'ultramarins grossissent les effectifs des Forces françaises en Côte d'Ivoire (FFCI) : ils nous racontent leur Noël expatrié.

Le caporal guyanais Kyle

Le Noël des militaires ultra-marins des Forces françaises en Côte d'Ivoire
©Julie Straboni

Originaire du bourg de Patience à Apatou, le caporal Kyle a 27 ans. Il appartient au 17e régiment du génie parachutiste de Montauban. C'est sa troisième mission, après le Mali et la Guyane. L'an dernier à la même époque, il assurait une opération sentinelle à Toulouse. "Je passe Noël ici avec les camarades. J'espère pouvoir le passer en famille l'année prochaine, ça serait bien. Peut-être pas rentrer en Guyane, mais qu'ils viennent découvrir l'Hexagone. Je me contente de ce que j'ai aujourd'hui, et on verra ce que l'avenir nous réserve."

Le Noël des militaires ultra-marins des Forces françaises en Côte d'Ivoire
Le caporal Kyle a brillé sur le crossfit en équipe, l'une des activités de cohésion organisée en cette période de fêtes de fin d'année ©Linda Zatout

Kyle, le Guyanais du Génie

 

 

Le commandant martiniquais Sébastien

Le Noël des militaires ultra-marins des Forces françaises en Côte d'Ivoire
Le commandant Sébastien est l'adjoint maintenance du colonel qui commande les FFCI ©Julie Straboni

Né dans l'Hexagone d'une famille toujours installée à Schœlcher, le commandant Sébastien a grandi et fait ses études à la Martinique. Après cette mission, il retrouvera son poste de RH au 3e régiment du matériel de Toulouse. Devenu officier au début des années 2000, ce parachutiste a participé à des opérations extérieures en Côte d’Ivoire, au Liban et en Centrafrique.

Marié et père de quatre enfants, le Martiniquais passe Noël loin de sa famille pour la première fois de sa carrière. "Ça n'est pas forcément évident pour tout le monde, parce que généralement les enfants reviennent à la maison et je suis là. C'est difficile pour moi, et pas que pour moi : pour tous ceux qui le vivent. Je pense parfois que c'est plus difficle pour les enfants que pour celui qui est dans l'action. On ne voit pas le temps passer parce que les horaires sont élargis, mais eux ressentent bien l'absence."

Le Noël des militaires ultra-marins des Forces françaises en Côte d'Ivoire
A gauche, les badges métalliques des brevets parachutistes. A droite, les barrettes de décoration des "opex" ©Julie Straboni

Sébastien, le Martiniquais adjoint de maintenance

 

 

Le caporal-chef mahorais Abdulkarim

Le Noël des militaires ultra-marins des Forces françaises en Côte d'Ivoire
Le caporal-chef Abdukarim dans le magasin, où l'on entrepose les pièces détachées pour les véhicules de l'armée ©Julie Straboni

Enfant à Sada, le caporal-chef Abdulkarim rêvait de devenir militaire. Rattaché au 7e régiment du matériel de Lyon, il s'occupe des expéditions et des réceptions des véhicules et des pièces détachées, par voie aérienne et maritime. Le Mahorais a participé au challenge de water-polo organisé traditionnellement en fin d'année. "L'intensité baisse un peu en cette période, mais on reste dans l'aspect du travail. Dans notre cursus on est amenés à servir partout. Il y avait une opportunité, et je suis là, content d'être là ! On passe les fêtes ici. J'ai déjà fêté Noël en dehors de la France. C'est pas le premier... et ça ne sera pas le dernier !"

Le Noël des militaires ultra-marins des Forces françaises en Côte d'Ivoire
©Julie Straboni

Abdukarim, le Mahorais magasinier

 

 

Le brigadier-chef calédonien Ogun

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Militaire de rang, le brigadier-chef Ogun envisage de préparer le concours interne de sous-officier ©Linda Zatout

Ce métis originaire de Lifou rentre d'une campagne de tir à plusieurs kilomètres d'Abidjan. Il est adjoint d'escouade sur des véhicules de reconnaissance. Chef de bord, son rôle est d'éclairer, en avant du dispositif de patrouille, le char qui suit. Le brigadier-chef Ogun apprécie de partir en mission régulièrement : il a passé "quatre mois de bonheur" sur le Caillou, et a été mobilisé deux fois au Mali. Le Calédonien passe ses premières fêtes sans sa femme et ses enfants. "La famille suit (Ndlr : s'organise sans lui), c'est un gros avantage. Ça fait toujours un pincement au cœur de partir un peu longtemps de la maison, mais on rattrapera en début d'année ! On va laisser le sapin de Noël un peu plus longtemps (rire) !

Ogun, le Calédonien agent d'escouade

 

 

Le brigadier-chef polynésien Mutuhiti

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Le Polynésien a signé un contrat de onze ans de service à l'armée ©Julie Straboni

Engagé depuis 2015, le brigadier-chef Mutuhiti, 30 ans, boucle bientôt sa troisième mission sur le continent Africain. Originaire de Moorea, il officie au 1er régiment de hussards parachutistes de Tarbes et compte une quarantaine de sauts à son actif. "Mécanicien sur engins blindés c'est la deuxième fonction. Avant tout on est un soldat", explique le Polynésien. Passer Noël loin des siens est devenu une habitude : "Vu que je n'ai pas de famille dans l'Hexagone, pour les fêtes on est tout le temps loin. Mais ici en mission c'est différent, on se rassemble avec tous les "cousins" venus de Wallis et Futuna, de Nouvelle Calédonie, des Marquises et des Tuamotu. Chez nous on est très famille, le Fenua me manque beaucoup."

Le Noël des militaires ultra-marins des Forces françaises en Côte d'Ivoire
Avec les camarades du Pacifique à Abidjan, le brigadier chef Mutuhiti a animé la messe de noël du camp militaire avec son ukulele ©Julie Straboni

Mutuhiti, le Polynésien mécanicien sur engins blindés

 

 

Le sergent réunionnais Rogeric

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©Julie Straboni

Le sergent Rogeric apprécie la compagnie des civils ivoiriens avec qui il travaille au quotidien. Chef d'atelier adjoint, le Panonnais assure la maintenance des véhicules légers et poids lourds. Lors de ces missions courtes en Côte d'Ivoire et à Djibouti, le Réunionnais retrouve un peu de son île. Les fêtes seront partagées avec un dalon arrivé juste avant les célébrations du 20 décembre. "Je suis habitué, ça fait presque neuf ans que j'ai quitté La Réunion. Quand je peux, je rentre à cette occasion, mais j'ai choisi l'armée pour voyager et découvrir le monde ! Pour l'instant je commence bien."

Le Noël des militaires ultra-marins des Forces françaises en Côte d'Ivoire
©Julie Straboni

Rogeric, le Réunionnais chef d'atelier adjoint

 

 

Gianny et Sina, le couple de Wallis et Futuna

Monsieur est militaire, madame s'est installée avec lui à Abidjan il y a trois ans. Ils font partie de ceux qui restent sur place et voient se succéder des milliers de soldats chaque année. Ils ont installé une tradition : la chorale de la messe de Noël, à laquelle ils invitent des Ultramarins à participer. Cette année ils étaient nombreux, venus principalement du Pacifique, autour de l'aumônier. Un véritable moment de générosité et de partage, en Wallisien, Tahitien et Français.

La chorale des Wallisiens Gianny et Sina

 

Ndlr : Pour des raisons de confidentialité, l'armée demande de ne pas communiquer les noms de famille des militaires