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Les gros sous du nickel : la centrale électrique de Doniambo et le mécanisme du prêt à la SLN

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Nickel et usine SLN Alain Jeannin
Usine de nickel de Doniambo (SLN) en Nouvelle-Calédonie ©Alain Jeannin
Le projet de centrale est compris entre 700 et 850 millions d’euros. Il devra être validé par le Parlement dans le cadre du prochain budget de l’État à l’automne. Ce n’est plus un projet directement piloté par Eramet. Le prêt à la SLN se fera par tranche selon les besoins.
Patrick Buffet répondait ce jeudi à Paris aux questions des investisseurs et des analystes financiers, à l’occasion de la présentation des résultats du premier semestre 2016. Le PDG d’Eramet est apparu visiblement soulagé d’avoir contribué à sauver la filiale calédonienne. Et d’autant plus, que la future centrale électrique de la SLN serait publique. Une aiguille de plusieurs centaines de millions d’euros serait donc retirée du pied d’Eramet. « La centrale électrique de Doniambo est un projet calédonien et nous en sommes heureux. Cette centrale sera chargée de la distribution publique de l’énergie en Nouvelle-Calédonie, la SLN ne sera que son client » selon les mots de Patrick Buffet.

Lors de son déplacement à Nouméa, le Premier ministre Manuel Valls a accepté de fournir la garantie de l’Etat aux banques qui financeront la nouvelle centrale électrique, sous réserve de l’approbation à l’automne du Parlement en loi de finances. « Ce projet de centrale électrique de 200 MW bénéficierait à hauteur de 80 % à la SLN et pour 20 % à la population calédonienne », précise de son côté Philippe Gomes, le député de la seconde circonscription de la Nouvelle-Calédonie. Et de poursuivre, « Il y a urgence, je ne cesse de le rappeler, la centrale au fuel est un sérieux problème environnemental, tout ça est connu depuis longtemps ».

Un prêt par tranche, en fonction des cours du nickel

Au-delà des 190 millions d’euros déjà prêtés par Eramet et d’une première contribution de l’Etat, le solde des 525 millions d’euros accordé à la SLN sera versé par tranche en fonction des besoins en trésorerie de l’entreprise. Le montant considérable du prêt part d’une hypothèse, celle d’un cours du nickel particulièrement bas. En cas de remontée des prix au LME, il ne serait pas nécessaire de mobiliser l’intégralité de la somme.

Cette intervention de l’État en Nouvelle-Calédonie et le soutien d’Eramet ont été contestés par un représentant de fonds d’investissement qui assistait à la réunion. Ce à quoi a réagi Patrick Buffet : « Nous améliorons déjà la compétitivité et nous mettons le turbo mais nous voulons sauver la SLN. Eramet et l’État sont intervenus pour soutenir le champion calédonien du nickel frappé par la crise mondiale ». Le PDG d’Eramet est ainsi apparu déterminé et confiant face à la centaine d’analystes et d’actionnaires présents à Paris pour la présentation des résultats du groupe au premier semestre. « L’intervention de l’État, on doit s’en féliciter, et puis Eramet est aussi une entreprise stratégique dans certains domaines très sensibles de la défense nationale » a conclu Patrick Buffet. 
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