Ligue des nations : retour en fanfare d'Anthony Martial aux côtés des Bleus

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Anthony Martial
Anthony Martial lors du match de Ligue des nations face à la Croatie, le 8 septembre 2020. ©FRANCK FIFE / AFP
Anthony Martial avait quitté les Bleus sur la pointe des pieds en 2018, mais l'attaquant de Manchester United n'a pas manqué son retour avec une performance aboutie mardi contre la Croatie (4-2), trois jours après une entrée percutante en Suède.
"Ce qu'il a fait aujourd'hui prouve qu'il est sur la bonne voie", l'a félicité Didier Deschamps en conférence de presse. "Je ne vais pas dire qu'il est métamorphosé mais il a changé, et je l'ai déjà noté en dehors du terrain aussi", a dit le sélectionneur en vantant les mérites d'un joueur "très solide, capable de provoquer, de marquer".
 
C'est presque une seconde carrière qui débute en équipe de France pour l'avant-centre de 24 ans, d'origine antillaise, après une première pige de trois ans (2015-2018) peu concluante sous le maillot tricolore : un tout petit but en dix-huit sélections, un maigre bilan à peine épaissi par quatre passes décisives. Remplaçant peu en vue à l'Euro-2016, réserviste pour la Coupe du monde 2018 qu'il a vue à la télé, l'ancien joueur de l'Olympique lyonnais (2009-2013) et Monaco (2013-2015) n'avait jamais été assez performant aux yeux de Didier Deschamps.

"Je ne pourrai pas lui enlever la déception de 2018, mais il a encore de belles années devant lui", avait relevé le sélectionneur après avoir rappelé ce joueur venu "très tôt" en équipe de France et désormais "beaucoup plus efficace".

À Manchester, Martial sort en effet d'une saison éclatante avec 23 buts et 12 passes décisives toutes compétitions confondues, malgré le début d'exercice poussif des Red Devils et une saison entrecoupée par la pandémie de coronavirus.

Placé à la pointe de l'attaque, l'ancien Monégasque a enfin renvoyé au vestiaire les doutes nés d'un transfert à prix d'or (80 millions d'euros, dont 10 de bonus) réalisé en 2015 pour un jeune joueur ne comptant alors que 70 matches en pro.
 

Palette variée

"On sait qu'il est capable de marquer des buts d'anthologie, mais j'aime quand il marque des buts simples, quand il est face aux cages, et cette saison il l'a fait un certain nombre de fois", a expliqué son entraîneur Ole Gunnar Solskjaer il y a quelques semaines. Mardi contre la Croatie, sa palette a donné plus d'éclat à une attaque plutôt moribonde.

Il a frappé de loin au-dessus (22e), a décalé Antoine Griezmann vers le but (33e), fait des appels en profondeur (40e) avant d'aider les Bleus, menés 1-0, à repasser devant les Croates juste avant la mi-temps. C'est lui qui a déclenché le mouvement menant à l'égalisation depuis son côté gauche, s'appuyant sur Ferland Mendy qui a remisé vers Wissam Ben Yedder. Le Monégasque a glissé la balle subtilement à Martial qui avait suivi pour servir Griezmann de manière altruiste (43e).

Trois minutes plus tard, il s'est placé en renard des surfaces à la réception d'un bon centre de Ben Yedder, qu'il a repris en jetant son pied gauche. Le ballon a heurté le poteau avant de rebondir sur le gardien croate auteur d'un but contre son camp (45e+1).
 

Buts, fraîcheur et vitesse

"Ca faisait un bon bout de temps que je n'étais pas venu donc ça me tenait à coeur de faire un bon match, j'ai réussi à marquer et à faire une passe décisive, on a gagné donc je suis très content", a apprécié sur TF1 Martial, dont la précédente titularisation remontait à mars 2018.

Heureux de revenir en équipe de France, l'attaquant avait promis d'apporter "un peu de buts, de fraîcheur, de vitesse" lors du rassemblement. Il a mis un peu de tous ces ingrédients mardi, après déjà une entrée remarquée contre les Suédois samedi à Solna. C'est lui qui avait obtenu le penalty manqué par Griezmann (90e+5), moins de vingt minutes après avoir remplacé Kylian Mbappé. 

"Je ne sais pas si c'est lié à sa relation avec Solskjaer, mais on le trouve plus en confiance", a relevé lundi le capitaine français Hugo Lloris, adversaire de Martial en Premier League. Et le gardien de Tottenham de prolonger: "Il s'est donné la possibilité d'avoir une chance pour l'équipe de France. Il veut s'installer sur la durée". Moins loin que ça, il y a l'Euro. C'est dans neuf mois.
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