Loi biodiversité : les sénateurs ne soignent pas les coraux

environnement
Récif corallien de Rangiroa en Polynésie
Récif corallien de Rangiroa en Polynésie ©Maggy Nugues
La loi biodiversité va passer ce mercredi  25 mai en commission mixte paritaire, après deux lectures à l'Assemblée nationale et au Sénat. En dernière lecture, le Sénat s'est attaqué aux récifs coralliens, en revenant sur un amendement les protégeant. 

#1 Le contexte

20 % des coraux sont menacés de disparition dans moins de 40 ans. Or les récifs qui ne représentent que 0,2% de la superficie de l’océan abritent un tiers de la biodiversité marine. Ils font vivre environ 500 millions de personnes sur la planète et protègent les côtes des cyclones ou des tsunamis.
 
Récif corallien de La Réunion
Récif corallien de La Réunion ©Jean-Pascal Quod

Les récifs coralliens subissent énormément de pression : la pollution, le changement climatique, mais surtout les infrastructures comme les constructions portuaires ou les chenaux qui permettent d’accéder aux côtes.

#3 Amendement de Geneviève Gaillard

A Paris, la loi biodiversité s’est emparée du sujet. Le 17 mars dernier, un amendement du PS a été adopté à l’Assemblée nationale interdisant  "le dragage des fonds marins dans l’ensemble des zones sous souveraineté ou juridiction françaises, lorsqu’il est susceptible de toucher les récifs coralliens".
 

#4 Le Sénat revient sur l’interdiction

Au Sénat le 12 mai, la loi biodiversité est complètement remaniée et les coraux n’échappent pas à ce détricotage. L’amendement adopté par l’Assemblée nationale le 17 mars est supprimé avec l’assentiment de deux sénateurs d’Outre-mer, Jacques Cornano et Michel Magras.

Senat illustration
©JEAN-PIERRE MULLER / AFP
 
Le sénateur Divers gauche la Guadeloupe de Jacques Cornano a ainsi déclaré : "les travaux du grand port maritime de Guadeloupe sont en cours, d’autres seront bientôt lancés en Martinique. Le développement économique en dépend, il ne peut être question de menacer les opérations de dragage".
 
Michel Magras, sénateur Les Républicains de Saint-Barthélémy a ajouté : "en Outre-mer, nous nous sommes dotés de nombreux dispositifs de protection et de restauration des récifs coralliens qui marchent très bien. On peut respecter l’objectif des 75 % (NDLR de protection des coraux) sans interdire les opérations de dragage des ports".
 

#5 Des ONG réagissent

L’association française Corail Gardian, les gardiens des coraux a lancé une pétition en ligne contre la décision du Sénat. Par ailleurs, Tara qui organise des expéditions pour étudier et comprendre l’impact des changements climatiques sur l’océan s’apprête à envoyer sa goëllette  pendant deux ans et demi dans le Pacifique pour étudier les récifs coralliens. La1ère.fr a donc recueilli la réaction de Romain Troublé, directeur de la Fondation Tara expéditions, très déçu par la dernière mouture le la loi biodiversité concocté par les sénateurs : 

©la1ere
 

#5 Que devient la loi biodiversité ?

La loi Biodiversité va maintenant faire l’objet d’une commission mixte paritaire à partir de ce mercredi. Mais selon un parlementaire contacté par La1ère.fr, il y a de très grandes chances que les sénateurs et les députés ne s’entendent pas. En clair, l’Assemblée nationale aura le dernier mot. La loi Biodiversité devrait donc être réexaminée et votée en juillet prochain. On verra alors si la majorité actuelle souhaite s’emparer du sort des récifs coralliens.