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Madagascar: deux morts après une émeute anti-chinoise dans une sucrerie

faits divers
La célèbre allée de baobabs de Morondava à Madagascar
La célèbre allée de baobabs de Morondava à Madagascar ©THOMAS MARENT / MINDEN PICTURES / BIOSPHOTO / AFP
Des affrontements ont éclaté dans une sucrerie publique gérée par des Chinois  à Morondava, dans l'ouest de Madagascar. Ces troubles ont fait deux morts et neuf blessés, selon le gouvernement.
"Il y a eu deux morts et une destruction d'une partie de l'usine" de la société Sucoma, a déclaré à la presse le Premier ministre malgache Roger Kolo. Il a précisé que les affrontements avaient eu lieu mercredi, alors que la Sucoma est secouée depuis des mois par des revendications du personnel malgache, qui réclame des contrats de travail et des augmentations de salaire. "Il y a eu neuf blessés", a ajouté le ministre malgache de l'Industrie, Jules Etienne. Enfin, les radios privées malgaches font état d'une troisième victime, tuée dans les affrontements avec les forces de l’ordre, tandis que la gendarmerie affirme n'avoir tiré sur personne. De son côté l'Express de Madagascar écrit que les émeutes ont causé la mort de cinq personnes. 
 
Morondava
Morondava, ville de l'ouest de Madagascar ©DR


L'usine incendiée

"Le magasin de stockage des sucres de Sucoma a été totalement vidé par des pilleurs et une partie de l'usine incendiée", a également indiqué à la presse le chef de la région de Menabe, Romain Gilbert. "Il n'y a pas de Chinois tué ni blessé. Ils ont été évacués", a précisé à l'Agence France Presse le colonel Anthony Rakotoarisoa, le directeur du service de renseignements de la gendarmerie. La Sucoma est une entreprise publique gérée par des Chinois, qui paient une redevance à l'Etat malgache."Il y a déjà eu auparavant des affrontements entre les personnels malgaches et les gérants chinois, aboutissant parfois à des actes de vandalisme et des agressions physiques sur les Chinois", explique le colonel Anthony Rakotoarisoa.
 

Négociations avortées

Des négociations entre les Chinois gérants de l'usine et le personnel malgache étaient en cours depuis mai selon la gendarmerie, et le gouvernement s'était impliqué pour tenter de trouver un accord à Morondava, une ville de 40 000 habitants. Le mois dernier, des affrontements ont fait deux blessés parmi les Chinois, ainsi que des dégâts matériels. C'est après l'arrestation mercredi de deux meneurs du mouvement, à la suite de l'incident de novembre, que le mécontentement a dégénéré, selon le colonel Rakotoarisoa.
 

Barrage instaurée par la gendarmerie

Furieux, les employés de l'usine ont décidé de se rendre au camp de la gendarmerie pour réclamer la libération de leurs leaders. Un barrage a été instauré par les forces de l'ordre et cinq autres personnes ont été arrêtées pour empêcher les manifestants d'avancer. Dans l'après-midi de mercredi, "des personnes munies d'arme blanche et d'un fusil de chasse ont de nouveau entrepris des marches en direction de la caserne de la gendarmerie", a raconté le colonel Rakotoarisoa.
 

 
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