L'affaire du crédit martiniquais : jugement rendu aujourd'hui

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La cour d'appel doit rendre son jugement aujourd'hui dans l'affaire de la faillite du crédit martiniquais. Les juges doivent  confirmer les peines de prison ferme ou prononcer la relaxe des personnes impliquées.
"La justice reconnaît aujourd'hui que les comptes du Crédit Martiniquais ont été truqués, que les investissements étaient complètement disproportionnés par rapport à la capacité de la banque. Ceux qui ont été jugés et condamnés à des peines sévères, l'ont été à la hauteur des faits qui leur étaient reprochés", ainsi s'exprimait en janvier 2012, Xavier Hubert Procureur de la République devant le tribunal correctionnel de Fort de France. 

Brigitte Mockli, ancienne directrice de la banque et Charles Rimbaud, homme d'affaires, client du Crédit Martiniquais, sont condamnés chacun à 18 mois de prison ferme et 50 000 euros d'amende. Quand aux autres prévenus, Guy Cottrell et Pierre Berthé, ils sont condamnés à 6 mois de prison avec sursis assortis d'une amende de 50 000 euros pour l'un et 10 000 euros pour l'autre, Laurent Fabre, lui, est condamné à 50 000 euros d'amende. 

En novembre 2012, devant la cour d’appel, l’avocat général a réclamé la relaxe de Charles Rimbaud. L'homme d'affaires est présenté par la justice comme l'un des profiteurs du crédit martiniquais. Par exemple, grâce à la loi  Pons, sur la défiscalisation  votée en 1986, sous la présidence de Jacques Chirac, Charles Rimbaud se lance dans la construction de logements neufs et de création de sociétés immobilières. Il englouti "les millions du crédit martiniquais" , selon l'accusation, dans des projets qui n’ont, le plus souvent, jamais vu le jour.

En janvier 2013, Marie-France Ethegoin, du nouvel observateur résumait l'affaire en ces termes : "Le Crédit Martiniquais a financé toutes les folies, cumulant près de 130 millions d’euros de créances douteuses. Jusqu’à la quasi banqueroute, évitée de justesse par la mobilisation de l’Etat. La justice, elle aussi, a bien fini par s’en mêler, sans trop de précipitation. En 1998, le parquet ouvrait une information judiciaire qui abouti en… 2009 au renvoi en correctionnel de six prévenus (la directrice générale de la banque – son président étant mort en cours d’instruction – et cinq clients), pour abus de biens sociaux et escroquerie. Près de quinze ans après l’éclatement du scandale dont les dessous ont été, au fil du temps, passés sous silence"…
 
 
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