Le plan Ecophyto dans le viseur de Puma

environnement
Pesticides Bananeraies Martinique
©Régis Domergue / AFP
Selon l'association Puma, le plan Ecophyto qui prévoit la réduction de l'utilisation des pesticides aurait été élaboré sans qu'aucun spécialiste des territoires d'outre-mer n'ait été consulté. "Faux" répond le député Dominique Potier, à l'origine du texte.
En mai 2014 Dominique Potier, député de Meurthe-et-Moselle, s'est vu confier une mission : établir une nouvelle version du plan national Ecophyto, qui vise à réduire l'utilisation de produits phytosanitaires (pesticides). Un document de 250 pages a été remis en décembre dernier au Premier Ministre, après rencontre avec les représentants de 90 organisations et quelques 200 personnalités du monde professionnel agricole. Sauf que dans un courrier le président de l'association Puma, Pour une Martinique autrement, Florent Grabin, s'étonne : "Pour des raisons que nous ignorons encore, aucun organisme, ni personnalité des départements français de l'outre-mer n'ont été consultés par ce parlementaire : en conséquence nous ne figurons pas dans ce rapport. Pourquoi cette mise à l'écart ? Cette discrimination cache-t-elle une autre réalité ?"

Un déplacement outre-mer

Contacté, Dominique Potier dément : "Le rapport que j'ai remis a été le fruit d'une très grande consultation. J'ai fait sept déplacements sur le terrain, dont un à l'île de la Réunion. J'ai rencontré les spécialistes de ces territoires au ministère de l'Agriculture, et j'ai eu l'occasion d'avoir un panorama du Cirad sur les questions de recherche et de développement." Concernant la pollution au chlordécone et l'autorisation de l'épandage aérien de pesticides, Dominique Potier dit "avoir largement abordé ces sujets avec le Cirad et au cours des différentes auditions. L'absence de déplacement ne signifie pas l'absence de prise en compte."

Rayonnement et usage orphelin

Le rapporteur ajoute qu'il existe des sections spécifiques aux outre-mers : "Lorsque la France innove dans ces territoires, elle le fait pour des régions du Monde où son savoir, ses connaissances, son expérience peuvent rayonner, ce dont j'ai été témoin sur l'île de la Réunion pour l'océan Indien. Vous trouverez quelques propositions qui sont très fortement marquées par les préoccupations des agriculteurs, des consommateurs et des acteurs de l'agroalimentaire des outre-mers, notamment à propos des usages orphelins (pour lequel le producteur se retrouve sans solution pour lutter contre une maladie sur une plante), qui est un problème très important dans l'agriculture tropicale. J'ai également privilégié les solutions qui s'appliquent partout."


La lettre de Florent Grabin, président de Pour Une Martinique Autrement :
La discrimination sanitaire from Raphael Bastide

 

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