Coronavirus : la pandémie planétaire annonce-t-elle le renouveau de notre civilisation ?

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Homme d'affaires
(Ilustration) ©Geralt
La crise sanitaire inédite mettant entre parenthèses la vie quotidienne de la moitié des habitants de la planète nous offre l’occasion d’envisager de vivre différemment une fois qu’elle sera jugulée. Un souhait formulé dans plusieurs langues dans plusieurs pays.
 
Et si l’humanité ne faisait plus qu’un ? Et si tous les Terriens se donnaient la main pour bâtir un monde nouveau ? Et si nous tentions de créer une société débarrassée des oripeaux de son passé récent, de rapines et de guerres, de domination et de méchanceté, de cynisme et de machisme ?

Si l’on en juge par les réflexions entendues ou lues ici et là dans la presse, sur les médias sociaux, dans les conversations privées, un mot revient volontiers : renouveau. Une notion déclinée sous tous les angles. Renouveau économique, avec des entreprises mettant l’humain au centre de leur stratégie et de leur organisation. Renouveau politique, avec des gouvernements renouant avec le peuple qu’ils sont supposés représenter.

Renouveau culturel, avec l’ouverture de chacun à l’autre, en dépit des barrières linguistiques et des coutumes différentes. Renouveau climatique, la pollution à l’échelle de la planète ayant chuté en raison du ralentissement de nos activités, pour le bien-être de tous les Terriens.
 

Changer de mode de vie, de monde et de vie


En Europe, en Afrique, en Asie, dans les Amériques, des voix s’élèvent pour en appeler à changer de mode de vie, à changer de monde, à changer la vie. Une révolution polysémique et multimodale à portée de main, à ce qui est dit ici et là.

Ainsi, le sociologue français Edgar Morin voit dans ce moment de ralentissement non consenti de la planète "l’opportunité d’une crise existentielle salutaire où nous réfléchirions sur le sens de nos vies ", comme il le confie au quotidien "Libération" du 27 mars 2020. "J’ai ressenti plus fortement que jamais la communauté de destin de toute l’humanité ", dit-il encore.

Cette paralysie de nos vies doit déboucher, à l’entendre, sur une remise en cause de nos habitudes. Le confinement doit nous permettre de trier entre le superflu et le nécessaire, entre l’accessoire et l’obligatoire. Pourquoi pas, après tout ? Que risquons-nous à envisager ce renouveau de l’humanité ?