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Insurrection du sud en septembre 1870 : les leçons de l’histoire

Cette semaine est commémorée l’insurrection de septembre 1870, un soulèvement général de la population mené entre autres par Lumina Sophie, à la suite d’une décision du tribunal considérée comme injuste. Une révolte populaire sera qui sévèrement réprimée. 

Symbole de l'insurrection du sud (en septembre 1870), à l'entrée de Rivière-Pilote de nos jours... © Martinique 1ère
© Martinique 1ère Symbole de l'insurrection du sud (en septembre 1870), à l'entrée de Rivière-Pilote de nos jours...
  • Jean-Marc Party
  • Publié le , mis à jour le
Circonscrite dans le sud par les forces de l’ordre, cette révolte populaire de septembre 1870, sera sévèrement réprimée. Plusieurs historiens estiment que ce soulèvement constitue un moment essentiel de notre histoire, faisant écho à la Martinique d’aujourd’hui.

Une révolte partie de Rivière-Pilote

L’insurrection ayant embrasé le sud de la Martinique durant une bonne semaine à partir du 22 septembre 1870 est déclenchée à Rivière-Pilote après la condamnation considérée comme injuste d’un jeune commerçant noir, Léopold Lubin. Humilié au mois d’avril par un certain Augier de Maintenon, fonctionnaire européen nostalgique de l’esclavagisme, il porte plainte contre lui mais est débouté. Quelques mois plus tard, il se venge en infligeant une correction à son agresseur.

Poursuivi, Lubin est condamné à cinq ans de prison. La population refuse ce jugement qu’elle considère inique. Le sud du pays s’embrase. La milice réprime sauvagement le soulèvement : le bilan de 100 morts dénombrés est réévalué jusqu’à 500. La justice prend le relais en prononçant 8 condamnations à mort et 90 au bagne en Nouvelle-Calédonie.
 

146 ans après, la frustration persiste !

La répression passée, les différentes classes sont confrontées à la naissance d’un nouveau paysage social. La minorité possédant l’essentiel des richesses est confortée dans sa toute-puissance. Autre fait mis au jour par les historiens : l’aspiration contrariée à la liberté et le refus de l’oppression, déclencheur de la révolte. Il y aurait beaucoup à dire aussi sur l’ambivalence des libres de couleur, les mulâtres, hésitant entre leur souhait d’émancipation et leur demande adressée à la métropole coloniale de protection contre l’oppression exercée par les plus riches.
 
Bien entendu, ce tableau appartient au passé, mais il n’est pas sans rappeler la complexité de notre société actuelle. Les possédants d’hier ont dû partager le pouvoir politique et économique. L’égalité des droits a été acquise. Nous avons choisi comme voie d’émancipation le maintien de liens forts avec l’ancienne métropole coloniale. Et cela, même si la frustration persiste face à l’inachevé de notre citoyenneté ambiguë, tout comme le ressentaient les insurgés de septembre 1870.
 
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