Marius Cultier : 31 ans déjà !

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Marius Cultier
Marius Cultier, l'un des pianistes martiniquais les plus doués de sa génération (1942-1985) ©collection privée
Le 23 décembre 1985 disparaissait, Marius Cultier, pianiste autodidacte doué d’un exceptionnel talent. Il a influencé nombre de musiciens Martiniquais. Son ami, Jean Trudo, nous aide à mieux cerner cette figure de l'histoire musicale martiniquaise.
Le 23 décembre 1985, disparaissait Marius Cultier à l'âge de 43 ans. Celui qui a influencé nombre de musiciens Martiniquais affectionnait la biguine, le jazz, la mazurka ainsi que le "latino". Né dans le quartier populaire des Terres Sainville, à Fort-de-France, pianiste autodidacte doué d’un exceptionnel talent, auteur, interprète, compositeur. (Voir une reprise de Summertime).Pour preuve le nombre important d’œuvres déposées à la SACEM et les nombreux albums produits, explique son ami Jean Trudo. "Marius Cultier, jamais acclamé de son vivant a fait l’essentiel de sa carrière au Canada. C'est entre autres le compositeur du bijou musical "Concerto pour la fleur et l’oiseau" qui remporte le concours de la chanson d’Outre-mer à Paris, Salle Gaveau en 1982 avec comme interprète une jeune inconnue Jocelyne Beroard". Il est aussi co-auteur du tube "Dachin lan ka bouyi Gloudou ! Gloudou ! rom lan ka sibmergé".
 

Séjour en Amérique du nord avant le retour au pays

De la fin des années 50 où Marius Cultier impose un nouveau genre musical avec Francisco, en passant par les années 80, se produisant au piano bar "Le Bambou Club", rue Blénac, ainsi qu’à "L‘hôtel l’Impératrice", à ses derniers jours à "La Bohême" rue Lazare Carnot en 1985, "Marius Cultier a été un défricheur, un expérimentateur, un artiste engagé avec une vision pour une identité", poursuit Jean Trudo.
 
Il remporte en 1956 à Porto Rico le Premier Prix International "Piano conquest" pour son interprétation magistrale de "Round Midnight". Parti au Canada en 1966 pour quelques semaines il y reste plusieurs années au cours desquelles il y rencontre les plus grands jazzmen, puis continue son parcours aux États-Unis puis en Europe avant un retour en Martinique en 1973. Marius Cultier a associé son nom entre autres à  l’orchestre "Les Wabaps", "La Grange", "le Blénac", l’hôtel HILTON, le magasin d’instruments de musique à la rue Lazare Carnot, sa collaboration avec Henri Debs.
 

Une pléiade d'artistes de renom

Parmi ceux qui l’ont accompagné dans son parcours musical : Georges "Pita"Julien, Jack Gill, Milo Baudin, Ralph Thamar, Jean-Claude Montredon, Paul Julvecourt, Pierre Catayée, Lola Martin, Ralph Thamar, Alex Bernard, Alain Dracius, Alex Théodose, Jojo Grocavla, Luther François, Célia, Pipo Gertrude, Dany Capron, Josyane Antourel, Georges Tinedor, Jo Monstin, Denis Dantin, Alfred Varasse, Jean-Marc Albicy, José Marie-Rose, Alik et Alwynn Lowenski, Winston Berkeley, Georges et Émile Pastel, Gisèle Cultier pour ne citer que ceux la ! "Une vie musicale bien remplie jusqu’à ce denier concert, scène partagée avec Michel Petruccini au CMAC Foyer de Bellevue le 12 décembre 1985, se souvient Jean Trudo.
 

Que reste-t- il de Marius Cultier ?

Une rue à son nom aux Terres Sainville à Fort-de-France et une autre à Rivière Salée, "une œuvre musicale importante, le sentiment (partagé) d’un génie méconnu dans son île natale, il y a bien sûr "Un avant et un après Marius", le souvenir d’un musicien qui fait corps avec son instrument, ce groove harmonieux d’une finesse incomparable et puis le soutien indéfectible de son épouse Gisèle et de ses filles Laïni et Ayule à travers la fondation Marius Cultier".
 
Jean Trudo recommande à ceux qui le peuvent l’écoute de "Straight no chaser" de Thélonius Monk par Marius Cultier au Piano et à l’orgue ainsi que la magistrale reprise du hit "Sunny" de Bobby Hebb par Marius Cultier au chant.