Vivre vieux et mieux à quel prix ?

éditorial
"Grandes personnes"
Personnes âgées dans la ville du Lamentin ©Martinique 1ère
La Martinique vieillit : une phrase déclinée sur tous les tons durant la semaine nationale des personnes âgées. Oui, mais après ?
Ici ou là, c’est un interminable lamento : la Martinique vieillit à vue d’œil ; c’est l’une des régions de France les plus vieilles ; à ce rythme, dans 15 ans, une personne sur trois sera âgée de 60 ans et plus. Tout ceci est parfaitement exact. Ce qui ressemble à une fatalité est un phénomène connu. Le vieillissement de la population résulte de la combinaison de trois facteurs.
 
Tout d’abord, l’amélioration du niveau de vie de la population. Nous sommes mieux soignés que nos parents et que nos grands-parents et donc, plus résistants aux maladies. Résultat : les personnes âgées sont de plus en plus nombreuses et vivent plus longtemps que leurs aînés.
 
Deuxième cause : la dénatalité. Avec l’amélioration des conditions de vie, les femmes ont moins d’enfants que leurs mères ou que leurs grand-mères. Trois fois moins en cinquante ans : 2 naissances par femme aujourd’hui, 6 à 7 il y a un demi-siècle. Insuffisant pour assurer le renouvellement des générations. Résultat : la population diminue.
 
Troisième motif : l’émigration massive planifiée depuis 1962 par le Bumidom. Cette agence gouvernementale a permis le départ d’environ 35 mille personnes, jeunes pour l’essentiel, durant vingt ans, jusqu’à sa dissolution. Il faut ajouter à ces émigrés encadrés, tous ceux qui sont partis dans la même dynamique, par leurs propres moyens. Au bas mot 70 mille jeunes ont été chercher en France continentale une formation, un emploi, une vie, un destin. Résultat : Les émigrés n’ont pas eu d’enfants sur place. Cette saignée démographique se paie aujourd’hui.

Conclusion : nous vivons mieux, mais plus vieux. C’est mécanique. Le vieillissement de la population est le résultat de politiques publiques encadrées et voulues. À nous d’assumer !
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