Voter : un droit essentiel... pour peser sur les décisions politiques

politique
Bureau de vote / élections
Urne installée à la mairie de Sainte-Anne en Martinique, lors du second tour des élections territoriales le 27 juin 2021 (illustration). ©Fabrice Defremont

Les candidats redoutent encore l’abstention, grande gagnante du 1er tour des élections territoriales. Elle s’élevait à plus de 67% dimanche 20 juin 2021 en Martinique, une tendance observée à l’échelle de toute la France. Or, le vote est un droit essentiel depuis 1789.  

Le droit de vote est à la base de la démocratie. Établi en France par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, il n’a été effectif pour l’ensemble de la population qu’en 1944, avec la reconnaissance du droit de vote aux femmes. Ce droit permet aux citoyens d’exprimer leur volonté. Ils peuvent ainsi élire leurs représentants (…) et participer directement à la prise de décisions politiques.

Les peuples ont leur mot à dire sur les décisions qui affectent leur vie et peuvent demander des comptes aux décideurs, à travers des règles justes et inclusives, ainsi que des institutions et des pratiques qui régissent les interactions sociales.

(Nations Unies.org)

 

L’abstention a gagné du terrain

 

En France, le droit de vote est un droit et n’est pas, juridiquement, une obligation" rappelle le site vie-publique.fr

Cette notion de devoir retrouve aujourd'hui une certaine actualité.

 

Face aux incivilités et violences urbaines, mais également face à la montée de l’abstention lors des élections, on fait valoir que si le citoyen jouit légitimement de ses droits, il est aussi tenu de respecter des devoirs qui résultent également de sa qualité de citoyen.

(vie-publique.fr)

 

Alors faut-il rendre obligatoire le vote, afin d’inverser la tendance ? Nombre d’élus et de citoyens lucides quant à la chance que constitue cet acquis, se posent la question. Néanmoins, si ce vote est un droit, on peut, comme tout autre droit (ex : la liberté de réunion ou d’association), ne pas l’exercer.

Il pourrait sembler paradoxal de transformer un droit aussi essentiel en contrainte.

Ce n’est pas juridiquement un devoir également pour une question de pratique politique.

 

En effet, obliger les citoyens à voter pose au moins deux problèmes :

  • Vérifier que cette règle sera suivie. En clair, il faudrait mettre en œuvre une sanction pénale efficace, à savoir une amende sévère. Faute de quoi l’obligation posée pourrait demeurer lettre morte ;
  • Forcer les citoyens à utiliser leur droit de vote peut avoir des effets déstabilisateurs sur les résultats : augmentation des votes blancs, nuls ou extrémistes, qui pourraient manifester l’opposition des citoyens à une telle procédure.

(Source : vie-publique.fr)

Vote / élections / jeune
Un jeune en train de voter lors du second tour des élections territoriales du 27 juin 2021 au Morne-Rouge, bureau n°5. ©Xavier Chevalier

"Apathie des électeurs" et "méfiance"

 

La participation électorale est "un indicateur important" de la façon dont les citoyens participent à la gouvernance de leur pays, souligne l'Institut International pour la Démocratie et l'Assistance Électorale.

Une participation électorale plus élevée est souvent un signe de la vitalité de la démocratie, tandis qu’une participation plus faible est généralement associée à l’apathie des électeurs et à la méfiance à l’égard du processus politique.

(IDEA)

 

De nos jours, les Nations Unies continuent de jouer "un rôle d’acteur fiable et impartial en fournissant une assistance électorale à environ 60 pays chaque année", mais uniquement à la demande des États membres ou à partir d'un mandat du Conseil de Sécurité ou de l'Assemblée Générale. 

L’assistance électorale se fonde sur les principes établis dans la Déclaration universelle des droits de l’homme selon lesquels la volonté des gens, telle qu’exprimée à travers des élections périodiques et authentiques, sera le fondement de l’autorité publique, tout en reconnaissant également les principes de la souveraineté de l’État et de l’appropriation nationale des élections, et qu’il n’existe pas de modèle unique de démocratie.

(un.org)