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Mayotte: L'intersyndicale et le gouvernement parviennent à un accord

Après cinq heures de négociations, l'intersyndicale et le gouvernement sont parvenus à un accord comprenant peu d'avancées concrètes. Néanmoins, les barrages pourraient bien être levés dès demain, samedi 16 avril.

Les syndicalistes et les représentants de plusieurs ministères ont négocié pendant cinq heures autour de la table © MK/ Outremer 1ere
© MK/ Outremer 1ere Les syndicalistes et les représentants de plusieurs ministères ont négocié pendant cinq heures autour de la table
  • Par Maïté Koda
  • Publié le
C'est une victoire en demi-teinte pour les syndicalistes mahorais. Après cinq heures de négociations dans les bureaux du ministère des Outre-mer, à Paris,  un accord a été signé.
 

Un droit du travail applicable en janvier 2018

Ce dernier comprend une date butoi r: le 1er janvier 2018, jour à partir duquel le droit du travail de droit commun sera appliqué. Jusqu'à présent, la réglementation qui s'applique à Mayotte n'a que quelques similitudes avec la version hexagonale.  Ainsi, à titre d'exemple,  la durée du travail est toujours fixée à 39 heures et l'intérim n'y est toujours pas mis en place. "Cette avancée était nécessaire, rappelle Salim Nahouda à l'issue des négociations. Le délégué CGT  s'estime "satisfait d'avoir été entendu par le gouvernement". Même son de cloche du coté de Force Ouvrière. "Nous sommes venus réclamer des droits inscrits dans la constitution, précise Hamidou El Anziz. Les Mahorais appartiennent à la République, le gouvernement se devait de les entendre".
 

Beaucoup "d'engagements" et de "concertations"

Le gouvernement était, en plus de la ministre des Outre-mer, représenté par les directeurs de cabinets des ministères du Travail, de la Fonction publique, des Affaires sociales et de l'Egalité réelle. Tous n'ont, au final, offert que très peu d'avancées concrètes aux syndicalistes qui ont obtenu des promesses et des concertations à venir.
  
Ainsi, l'intersyndicale souhaitait que les conventions collectives conclues dans l'Hexagone soient applicables immédiatement à Mayotte. Le gouvernement s'est simplement "engagé à défendre cette demande dans le cadre d'un véhicule législatif en 2016".
De même pour la question des reconstitutions de carrières des agents de la fonction publique : pour nombre d'entre eux, des années de service ne sont pas comptabilisées dans leur carrière. L'accord signé promet une reprise des discussions sur ce sujet à partir de 2016.
 

Pas de changement sur l'indexation

Que ce soit sur l'attractivité de la fonction publique à Mayotte, ou l'application de la sécurité sociale, le gouvernement ne s'engage qu'à des concertations, et des "ouvertures de discussions". Quant à l'indexation, elle reste fixée à 40% et appliquée au 1er janvier 2017 comme prévu. Seule modification: la clause de revoyure, prévue en septembre 2017 a été avancée de six mois.
 

Levée de barrages ?

Peu de changements concrets donc, mais assez pour satisfaire les membres de l'intersyndicale. "J'ai bon espoir que le gouvernement arrête avec sa stratégie du statu quo", a assuré Hamidou El Anziz qui se félicite de voir "la République sociale" en voie de s'appliquer dans le département.

En conséquence, la question de la levée des barrages semble faire l'unanimité chez les syndicalistes présents à Paris. Pour la ministre des Outre-mer George Pau Langevin, elle est "bien évidemment" d'actualité. "Le calme doit revenir à Mayotte" a-t-elle déclaré.

Les syndicats, eux, assurent devoir consulter leur base dès leur retour samedi 16 avril, mais laissent déjà entendre qu'ils ne considèrent plus les barrages comme étant nécessaires. "Nous n'avons pas tout obtenu, mais nous avons bon espoir que le dialogue nous fasse obtenir d'avantage de droit désormais", lâche Hamidou El Anziz.
 

Pas de déplacement ministériel à Mayotte

Interrogée sur son futur déplacement dans l'Océan Indien, George Pau Langevin a assuré se limiter à La Réunion les  21 et 22 avril. "Il est désormais plus utile de travailler dans les ministères pour parvenir à un accord" a-t-elle ajouté. "Je ne pense pas que ce soit indispensable que j'aille à Mayotte maintenant". 

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