A Mayotte, les urgentistes lancent un cri d'alarme et menacent de quitter l'île

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CHM
Dans une lettre ouverte à l'attention des médias, les urgentistes de Mayotte lancent un appel à l'aide. Dénonçant les conditions de sous-effectif dans lesquelles ils sont amenés à travailler, ils menacent de quitter l'île.
Comment sauver l'hôpital de Mayotte? Le 101e département français est un véritable désert médical. C'est pourtant ce même département qui affiche le taux de natalité le plus élevé de France. Pourtant, en 2015, on dénombrait 98 médecins généralistes pour 100 000 habitants, contre 339 dans l'Hexagone. Quant aux spécialistes, ils n'étaient que 22 dans le département à la même période, dont 17 pédiatres. Dans le même temps, on ne compte aucun dermatologue, un cardiologue et un gastro-entérologue.
 

Urgences saturées, médecins débordés

Conséquence : les urgences de l'unique CHU du département sont saturées. Les urgentistes ont pris leur plume ce 22 mars pour alerter les médias sur leur situation. "Nous travaillons sans médecine libérale, sans maison médicale de garde, sans effecteur mobile comme SOS médecins, sans spécialiste quasi-absent de l’île, sans spécialité interventionnelle d’urgence", écrivent-il. "Les possibilités de transport sanitaire vers La Réunion sont limitées alors qu'elles nous permettraient de sécuriser nos prises en charge".

 

Travailler à Mayotte signifie pour nous travailler en mode dégradé, sous contrainte, et parfois, sans filet de sécurité (…) Cela fait des mois qu’une partie des postes aux urgences ne sont pas pourvus










Mise en danger des patients

Les urgentistes s'inquiètent d'apprendre qu'aucun interne ne serait affecté à Mamoudzou entre mai et septembre 2017, alors que l'hôpital fonctionne d'ordinaire avec 6 à 8 internes. "Cette situation est inacceptable et dangereuse. Nous redoutons du fait de notre épuisement, du sous-effectif et de la pénibilité du travail qu’à très court terme il y ait une mise en danger des patients", alertent les médecins qui souhaiteraient une "solidarité régionale" entre Mayotte et la Réunion.
 

Sur le départ?

Epuisés, les signataires de la lettre demandent une augmentation globale des effectifs, pour les internes, comme pour les infirmiers et les aides-soignants. "En l’absence de prise en compte de nos demandes, nous envisageons malheureusement une vague de départ sans aucune perspective d’arrivée de nouveaux médecins, pouvant mettre en danger à très court terme la prise en charge des urgences à Mayotte", concluent-ils.
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