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Application de l'accord sur un "bouclier qualité-prix" contre la vie chère

L’accord sur un « bouclier qualité-prix » contre la vie chère est entré en vigueur vendredi 1 mars à Mayotte .Cet accord  prévu par la loi Lurel sur la régulation économique en Outre-mer permet une baisse de 10% sur un panier de 76 produits de consommation courante à Mayotte.

© Emmanuel Tusevo
© Emmanuel Tusevo
  • Par Fabrice Juste
  • Publié le , mis à jour le
L’ accord sur un « bouclier qualité-prix » contre la vie chère a été signé mercredi 27 février par le préfet de Mayotte, Jacques WITKOWSKI et les représentants de la grande distribution alimentaire.
Le préfet de Mayotte a indiqué à cette occasion que les négociations portaient au départ  sur  47 produits et ont abouti à la fin à 76 produits.
« Le prix actuel du panier de ces 76 produits est de 211,90 euros. Depuis le 1 mars, ces 76 produits sont identifiés avec un logo et la totalité  du prix du panier revient à 190,90 euros. Cette liste n’ est pas fermée. Il peut arriver pour des raisons d’ approvisionnement que les cours des produits fabriqués industriellement varient. L’accord donne un certain nombre de garanties aux acteurs économiques. Nous pourrions être emmenés soit à modifier légèrement la liste des produits soit à modifier les prix, a expliqué le préfet Jacques WITKOWSKI.

Une baisse de 10%

 
Les grands distributeurs présents ont fait contre mauvaise fortune bonne mine.
«L’effort sur ces 75 produits, c’est une baisse de 10% non pas  par rapport à nos prix mais par rapport à la moyenne des prix qui étaient pratiqués sur cette liste des produits .Moi je pense que ce qui fonctionne le mieux c’est la concurrence. Maintenant, à partir du moment où il y a une loi, autant participer et trouver un accord pour aller dans ce sens »,a dit Marc BERLIOZ du groupe Bourbon Distribution à Mayotte.
 

Vigilance des syndicats et des associations des consommateurs

 
Les associations des consommateurs et les syndicats se disent déterminés à veiller au respect de l’ accord .
« Nous sommes vigilants sur toute tentative de contournement de l’ accord sur les prix désormais sous haute surveillance. Il existe un observatoire des prix à Mayotte. S’il arrivait aux distributeurs d’ augmenter les prix pour les autres produits, nous demanderons la tenue d’une réunion de crise et nous discuterons de ça. Nous allons veiller et nous allons contrôler, mais je ne pense pas qu’ils ont ces intentions dans leur esprit »,a conclu Riffay HAMIDOUNI, président de l’ association des consommateurs de Mayotte(ASCOMA).
 

Accueil mitigé des consommateurs

 
Les habitants qui ont vécu en 2011 une grève dure de 44 jours contre la vie chère sont partagés sur la portée de cet accord.
Certains ne cachent pas leur déception.
 
« Tout ça pour ça après un mouvement de grève de 44 jours. Les Mahorais n’ attendent pas un gel des prix mais une baisse des prix. Le gel veut dire que les prix restent fixes. Ils sont déjà assez chers comme ça, nous voulons une baisse des prix en général. »,déclare  un jeune père de famille roulant un charriot à la sortie d’ une grande surface de Mamoudzou, chef-lieu du département.
 
« Ce n’est pas ce que la population a demandé. Vous savez ce que la population mange, la viande de bœuf, le poulet, les mabawas(ailes de poulet) et les cuisses de poulet. Je ne crois pas que ce soit la bonne viande qui est concernée. Les gens réclament aussi la baisse du prix du gaz »,renchérit un ancien élu.
 
« Ils nous disent qu’ils baissent les prix mais 10% de baisse de prix ne change rien »,affirme un autre passant à la sortie de ses courses.
 
Sur un autre registre, d’autres consommateurs réservent un accueil mitigé à ces mesures.
 
« La moindre des choses dans un département français, c’est de permettre à la population d’avoir accès aux produits de première nécessité et de consommation courante. C’est une bonne nouvelle, la signature de cet accord mais pourvu que ça dure »,déclare pour sa part un métropolitain.
 
« La vie est très chère à Mayotte. Même nous les m’zungu(français blancs d’origine métropolitaine), on nous prend pour des américains, il faut que ça s’arrête » , souhaite une dame métropolitaine tout en se demandant à quoi doivent s’attendre les consommateurs  dans l’ avenir ».
 
L’accord sur un  « bouclier qualité-prix » a été signé pour la période du 1 mars au mois de novembre 2013.
 
Les 76 produits comprennent : 9 surgelés,4 produits frais,4 céréales,15 d’épicerie salée,8 d’épicerie sucrée,4 d’aliments petite enfance,2 boissons,9 d’hygiène,9 d’entretien ménager,9 de papeterie,3 de divers.
5 produits proviennent de la production locale.

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