publicité

Mayotte: Un prisonnier met le feu à son matelas, Un codétenu meurt

Un homme emprisonné à Mayotte a provoqué la mort par asphyxie d'un de ses codétenus en mettant le feu à son matelas dans la nuit de jeudi à vendredi, a-t-on appris de source préfectorale.
Le drame s'est produit à la maison d'arrêt de Majicavo (nord de Mayotte) 

Entrée principale de la prison de Majicavo (nord de Mayotte) © Emmanuel tusevo
© Emmanuel tusevo Entrée principale de la prison de Majicavo (nord de Mayotte)
  • Par Emmanuel Tusevo
  • Publié le , mis à jour le
Un homme emprisonné à Mayotte a provoqué la mort par asphyxie d'un de ses codétenus en mettant le feu à son matelas dans la nuit de jeudi à vendredi, a-t-on appris de source préfectorale.
Le drame s'est produit à la maison d'arrêt de Majicavo (nord de Mayotte), dans une cellule prévue pour douze personnes et occupée par neuf.


Rapidité des secours

« Les personnels de la prison, les pompiers, policiers et gendarmes ont réagi vite, évitant un plus lourd bilan, a assuré à l'AFP, le secrétaire général de la préfecture de Mayotte, François Chauvin qui a souligné également que les alarmes incendies se sont déclenchées immédiatement et les moyens de lutte contre l’incendie ont bien fonctionné. »

Après le sinistre, les neuf occupants de la cellule ont été transférés dans la nuit au centre hospitalier de Mamoudzou, chef–lieu du département. Plusieurs étaient légèrement blessés mais un détenu asphyxié n'a pu être ranimé et a succombé. La victime âgée de 20 ans était  incarcérée en exécution d’une peine de douze mois d’emprisonnement  pour des faits de violence.

Autopsie obligatoire en cas de décès en détention

Un examen du corps du défunt devait avoir lieu vendredi dans l’après midi  dans l’attente d’une autopsie qui interviendra ultérieurement ; les autopsies étant obligatoires en matière de décès en détention.

« Les détenus souffraient de l’inhalation de fumée et des brûlures qui se sont révélées légères. Au centre hospitalier de Mayotte, les soins leur ont été dispensés et ils ont été mis sous oxygène pour remettre en place leur respiration », a également indiqué le secrétaire général de la préfecture, François Chauvin.

« Les sept autres détenus ont réintégré la prison de Majicavo vendredi avec des ITT allant de 0 jour pour ceux qui n’avaient aucune trace et qui avaient inhalé le moins de fumée possible  et 6 jours pour ceux qui sont les plus grièvement  blessés puisque certains sont brûlés mais ce sont des brûlures légères », a ajouté pour sa part Hélène Bigot, vice procureure de la république. 

Réclusion criminelle à perpétuité

L’auteur de l’incendie a été mis en garde en vue dans un premier temps mais celle – ci  a été levée vendredi en début d'après-midi pour des raisons médicales. 

"Le détenu mis en cause souffre des suites de l’incendie. Il a été ramené à l’hôpital mais il sera réentendu prochainement au cours d’une nouvelle garde à vue à l’issue de laquelle le parquet envisage d’ouvrir une information judiciaire du chef de destruction volontaire par incendie ayant entraîné la mort… Ce détenu mis en cause encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Agé d’une vingtaine d’années, il était en exécution de différentes peines d’emprisonnement dont une de six ans d’emprisonnement  ", a déclaré la vice-procureure Hélène Bigot à l’AFP.

Enquête confiée à la gendarmerie de Mamoudzou

Elle a indiqué également que l’ 'enquête a été confiée à la brigade de gendarmerie de Mamoudzou avec le soutien technique de la section de recherche de la gendarmerie de Mayotte.

«  L’enquête permettra de confirmer qu’effectivement c’est bien un détenu spécifiquement visé qui a volontairement mis le feu. Pour l’ instant l’enquête est en cours. L’ensemble des détenus victimes a été entendu, il en est de même pour l’ensemble des acteurs qui sont intervenus notamment  les gardiens de prison », a dit la vice procureure de la république Hélène Bigot.
Emmanuel Tusevo, Correspondant de l'AFP
 
 
 
 
 
 

Sur le même thème

L'actualité la 1ère partout et à tout moment
Téléchargez l'application La 1ère
  • AppStore
  • Google Play