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Mayotte. Le préfet Jacques Witkowski fait ouvrir des stations-service de Total sur réquisition

Jacques Witkowski, préfet de Mayotte, a fait ouvrir samedi sur réquisition sept stations-service Total de Mayotte qui suivaient l’appel à la grève de l’intersyndicale dans les outre-mer pour peser sur le gouvernement qui veut réguler la filière carburants.  

  • Par Emmanuel Tusevo
  • Publié le , mis à jour le

 

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, Jacques Witkowski ,préfet de Mayotte, a fait ouvrir samedi sur réquisition sept stations-service Total de Mayotte qui suivaient l’appel à la grève de l’intersyndicale dans les outre-mer pour peser sur le gouvernement qui veut réguler la filière carburants .
La très grande majorité des gérants des stations-service des départements d’outre-mer - Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion et Mayotte - ont répondu jeudi à l’appel de l’intersyndicale et fermé leur entreprise pour peser sur le gouvernement qui veut réguler la filière carburants.

Les préfectures avaient dès lors organisé des réquisitions pour assurer l’approvisionnement des services prioritaires comme les pompiers, ambulances, etc.

Au nom de la lutte contre la vie chère

Le bras de fer est engagé entre les pétroliers et le gouvernement, qui veut réduire leurs marges jugées excessives dans les DOM (entre 15 et 22 %) au nom de la « lutte contre la vie chère », feuille de route fixée par le président François Hollande. Samedi, le groupe écologiste de l’Assemblée nationale a appelé le gouvernement « à ne pas céder au nouveau chantage de la filière carburant en outre-mer ».
 Avec l' AFP : Emmanuel Tusevo,Correspondant de l' Agence France Presse

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PARIS , 31 janvier 2014 ( AFP)

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   Les appels au dialogue s'élèvent pour dénouer le blocage des carburants outre-mer 

    Alors que se profile un week-end sans distribution de carburants dans les cinq départements d'outre-mer, les appels au dialogue se multiplient dans l'espoir de voir cette crise se dénouer sans dégâts pour les économies locales.

   "On n'a jamais rompu le dialogue, jamais", a déclaré à la presse le ministre des Outre-mer Victorin Lurel, vendredi midi.

   Pour autant, aucune date de réunion officielle n'était évoquée pour tenter de dénouer le conflit opposant le gouvernement, qui veut réguler les marges jugées trop importantes des pétroliers dans les DOM, et cette filière, dont les gérants qui sont montés en première ligne de peur que les pétroliers ne reprennent à leurs dépens les marges rognées en amont.

   Les gérants et pétroliers se sont élevés contre le souhait initial du gouvernement de publier samedi 1er février les arrêtés de méthode qui donnent le contenu des décrets Lurel de régulation des carburants, publiés, eux, le 31 décembre dernier à leur grand dam. Ils avaient claqué la porte d'une réunion mardi dernier et appelé à la "fermeture illimitée" des stations-service.

   "On travaille, on travaille", a insisté M. Lurel, qui s'est envolé comme prévu vendredi soir pour la Guadeloupe pour rejoindre la ministre de la Réussite scolaire George Pau-Langevin en déplacement sur le décrochage scolaire.

                'Le blocage, c'est la politique du pire'    

   Rien ne filtrait dans les différents ministères impliqués (Economie, Outre-mer) sur les contacts en cours mais les appels au dialogue se multiplient, mâtinés de critiques sur le modus operandi du mouvement.

   "Cela me scandalise, ce blocage, mais j'en appelle au dialogue car on ne sortira de cette crise que par un vrai dialogue, où tout le monde doit aller sans envie de +blouser+ l'autre", a déclaré à l'AFP Jean-Pierre Philibert, président de la Fédération des entreprises d'outre-mer (Fedom).

   "On a des économies fragiles, qu'on arrête! Je rappelle à nos amis gérants qu'on ne peut pas prendre une économie en otage", a-t-il affirmé, estimant que "le blocage, c'est la politique du pire". 

   "On ne peut pas avoir, pendant des années, condamné les modes d'expression radicaux des organisations de salariés qui bloquaient les hôtels, le port, des aéroports pour ne pas condamner de la même façon le blocage des stations-service", a souligné le porte-parole du patronat ultramarin.

   Si en Guadeloupe, Martinique et à La Réunion les gérants ont d'eux-mêmes fermé leurs stations, à Mayotte c'est Total qui détient les sept stations de l'archipel qui a décrété le mouvement.

   En Guyane, où les gérants n'ont pas apprécié de se faire imposer le mot d'ordre de l'intersyndicale "sans concertation", ce sont les pétroliers qui ont pris l'initiative de ne pas approvisionner les stations.

   Le directeur général du pétrolier Sol en Guyane a d'ailleurs affirmé vendredi à l'AFP que les distributeurs de carburants "ne ravitailleraient plus" les stations service "jusqu'à nouvel ordre", dénonçant un "manque de concertation" avec le gouvernement.

   Patrick Karam (UMP), le tout nouveau  président du Conseil représentatif des Français d'outre-mer (Crefom) porté sur les fonds baptismaux vendredi, s'en est vivement pris à ce "lobby" pétrolier qui "agit dans le plus total silence des médias nationaux".

   "Dans l'hexagone, on n'aurait pas toléré qu'un groupe pétrolier décide de prendre en otage des stations-service et des populations (...) Cela aurait été un tollé extraordinaire!", a-t-il affirmé à la presse. "Moi je leur dis: ce qui est bon pour les oies est bon pour les canards, autrement dit ce qu'ils ne feraient pas dans l'hexagone, ils n'ont pas à le faire en Outre-mer", a-t-il renchéri , assurant qu'"à un moment Total, Exxon, devront répondre de l'attitude méprisante vis-à-vis de nos compatriotes d'outre-mer".
 AFP : Sophie Lautier/ sla/sm/ct


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