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George Pau - Langevin préconise la réforme de l' Education prioritaire à MAYOTTE

La ministre déléguée chargée de la réussite éducative , George Pau - Langevin, en visite de deux jours à Mayotte a annoncé que Mayotte sera pleinement engagée dans la réforme de l'Education prioritaire dès la rentrée scolaire prochaine.

  • Par Emmanuel Tusevo
  • Publié le , mis à jour le
La ministre déléguée chargée de la réussite éducative, George Pau-Langevin, en visite de deux jours, lundi et mardi à Mayotte, a annoncé que Mayotte sera pleinement engagée dans la réforme de l’Education prioritaire dès la rentrée scolaire prochaine.
 
" Nous pensons que compte tenu de la situation à Mayotte, il faut développer au maximum des réseaux d’éducation populaire...Cela va permettre aux enseignants d'être épaulés et accompagnés et d'avoir le temps d’ (entretenir des relations avec les parents. Il nous faut amplifier la politique de réduction des inégalités sociales et territoriales, notamment par un classement progressif en zone d'éducation prioritaire des établissements scolaires de l’île. C'est dans cette optique que le réseau Dembenio deviendra REP", a annoncé George Pau-Langevin.
 
La visite de différentes structures éducatives, les échanges avec les élus du conseil général et d'autres acteurs du système éducatif ont permis à la ministre déléguée chargée de la réussite éducative de dresser un constat sans concession des défis aux quels sont confrontés les Mahorais , notamment en ce qui concerne le manque d' enseignants, l' attractivité du territoire, les conditions matérielles difficiles des enseignants , la surpopulation scolaire, la forte pression démographique, la non maîtrise de la langue française par une' majorité des élèves
 
L'éducation de la jeunesse : une priorité pour le gouvernement (Hollande - Ayraut, Ndlr)
 
Aux syndicats qui lui ont rappelé que François Hollande, candidat, en campagne électorale à Mayotte avait fait des promesses de soutien total au système éducatif mahorais, des promesses non tenues, selon les syndicats, George Pau - Langevin a réaffirmé que la jeunesse et l’éducation de la jeunesse constituent une priorité pour le gouvernement.
 
" Ici à Mayotte, nous avons un problème particulier, c'est que vous avez une jeunesse qui croît en nombre énormément...Par conséquent, même si l’état met des moyens, on est dans une sorte de course poursuite entre les effectifs scolaires et les moyens supplémentaires... Si l’Etat est fortement engagé à Mayotte, nous avons tous besoin aujourd'hui d'une prise de conscience collective pour que localement l’ambition portée par le gouvernement dans la refondation de l’école puisse prendre appui sur un système scolaire normalisé au service de la réussite de tous les élèves de Mayotte", a encore souligné George Pau- Langevin.
 
Les constructions scolaires.
 
La ministre déléguée chargée de la réussite éducative a souligné la nécessité pour l’Etat et les collectivités locales unis de remédier ensemble au manque de salles de classes qui contraint certaines écoles de l’île à la rotation scolaire. Elle estime que ce fonctionnement entrave la fondation des rythmes scolaires, retarde la préscolarisation et nuit fortement aux apprentissages des élèves et donc à leur réussite.
 
" L'Etat, qui alloue plus de dix millions d'euros par an, doit pouvoir compter sur les élus pour faire évoluer une situation inacceptable pour les élèves, les familles comme pour les personnels... L'Etat met les moyens pour que les constructions se fassent mais ensuite si les moyens existent et que les constructions ne sont pas livrées, ce n’est pas de la responsabilité de L'Etat. C'est la raison pour laquelle aujourd'hui nous allons essayer de trouver une structure différente, peut être un GIP qui sera peut être plus efficace pour livrer  les constructions à temps", a encore déclaré la ministre.
(Ndlr : Le SMIAM qui jusqu'ici était chargé des constructions scolaires du 1è degré est désavoué par la représentation du gouvernement à Mayotte, la préfecture).
 
Le nombre des enseignants et leur formation.
 
En ce qui concerne le déficit des enseignants, un problème crucial à Mayotte, George Pau - Langevin  a indiqué une mesure permettant aux enseignants qui sont déjà sur place et qui devaient repartir au bout de quatre ans de prolonger leur séjour de manière à ce qu'il y ait davantage d'enseignants sur le territoire. 
La ministre a mis un accent particulier sur la formation des enseignants parmi lesquels on compte un nombre considérable de contractuels (recrutés au coup par coup, sans formation, Ndlr)
 
" Il y a beaucoup d'enseignants qui sont là depuis là depuis un certain temps et malheureusement aujourd'hui les choses ont évolué, il faut qu' on leur donne de la formation initiale et continue leur permettant d'être en mesure de réussir les examens et de devenir des professeurs des écoles à part entière . Il nous faut parvenir ensemble à favoriser le recrutement des professeurs des écoles, à élever le niveau de qualification des maîtres, à prendre en charge le cas des mineurs isolés et à répondre aux enjeux et aux objectifs d'une école plus juste et plus performante", a - t- elle précisé.
 
La non maîtrise du français par une majorité des élèves
 
George Pau-Langevin a rappelé les conclusions des assises académiques auxquelles elle a participé l’automne dernier.
Les résultats scolaires des élèves mahorais ne sont pas encore à la hauteur des efforts consentis. Le taux de retard à l’entrée en 6ème, l'insuffisance des acquis des collégiens en français et en mathématiques, le taux de réussite au baccalauréat général constituent selon elle des points de préoccupation pour le personnel politique dont elle fait partie.
 
" Il faut vraiment que nous fassions en sorte que tous les enfants aient une maîtrise de la langue française suffisante. Cela suppose non seulement de travailler plus intensément avec les enfants, peut être de faire attention à leur langue maternelle de manière à ce que les apprentissages passent mieux d'une langue à l’autre.
Il faut aussi sans doute intensifier l' effort sur l'illettrisme concernant les adultes parce qu'un enfant dont les parents ne parlent pas du tout français est évidemment très défavorisé", a affirmée la ministre déléguée chargée de la réussite éducative.
 
Rythmes scolaires et restauration scolaire
 
La mise en place des nouveaux rythmes constitue pour la ministre un impératif pour le territoire de Mayotte, notamment parce que les élèves perdent aujourd'hui quarante pour cent de temps d'apprentissages. Les fonds d'amorçage renforcés sur ce territoire, doivent contribuer à la mise en œuvre d’activités périscolaires dignes de ce nom, mais aussi d'avancées concrètes quant à la restauration scolaire.
 
" Je pense que pour les enfants de Mayotte, il est important que nous leur donnions le maximum de chance de réussir leur scolarité. Comment voulez- vous que ces enfants arrivent aux mêmes résultats qu’' ailleurs si on ne leur donne pas le temps d'apprendre ? On doit déjà améliorer le rythme scolaire et faire en sorte que les enfants non seulement aient une classe le matin et si possible l’après midi mais aussi qu’ils aient du périscolaire comme ça existe ailleurs", a-t-elle ajouté.
 
George Pau-Langevin a dit en conclusion que le gouvernement est disposé à accorder les fonds d'amorçage, notamment pour les communes contraintes par les rotations, si un PEDT est bien construit et validé par l' autorité académique.
Emmanuel TUSEVO , Correspondant AFP
 

 
 
 
 
 
 
 
 

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