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Grève des instituteurs de Mayotte au premier jour de rentrée contre les nouveaux rythmes scolaires.

 La rentrée scolaire 2014 - 2015 est marquée ce mardi 26 août 2014 par une grève illimitée des instituteurs de Mayotte, a constaté l’AFP.
Les enseignants du premier degré protestent contre l’application des nouveaux rythmes scolaires.

Rivomalala Rakotondravelo,secrétaire général SNUipp © Photo: Emmanuel TUSEVO :
© Photo: Emmanuel TUSEVO : Rivomalala Rakotondravelo,secrétaire général SNUipp
  • Par Emmanuel Tusevo
  • Publié le , mis à jour le
 
La rentrée scolaire 2014 - 2015 est marquée ce mardi 26 août 2014 par une grève illimitée des instituteurs de Mayotte, a constaté l’AFP.
Les enseignants du premier degré protestent contre l’application des nouveaux rythmes scolaires.

A l’appel du SNUipp, Syndicat national unitaire des instituteurs professeurs des écoles) et de la CGTMa Educ ' Action, de nombreux instituteurs se sont regroupés devant le vice - rectorat à Mamoudzou avant de défiler à travers les principales artères du chef-lieu du département.
Les grévistes arboraient des drapeaux et des pancartes dénonçant l’inopportunité d'instaurer ces rythmes scolaires dans un contexte défavorable au bon fonctionnement de la scolarité des enfants.
 
" Nous restons logiques avec nous mêmes, nous n’avons pas cessé de dénoncer ces rythmes scolaires néfastes  pour les enfants et pour le système éducatif à Mayotte compte tenue des conditions de travail difficiles dans l’île. 
Donc nous avons pris le risque et la responsabilité  d’ enclencher un mouvement de grève dès le premier jour de la rentrée scolaire et nous pensons aujourd’hui que c’est un mouvement qui va prendre de l’ ampleur étant donné que les parents n’ acceptent pas non plus ces rythmes là et les conditions de travail actuelles." , a déclaré à l' AFP, Rivomalala RAKOTONDRAVELO, secrétaire général SNUipp Mayotte. 
 
Les grévistes annoncent le durcissement de leur mouvement demain mercredi avec notamment un blocage plus drastique des écoles.
 
" Nous lançons un appel aux parents pour qu’ils gardent leurs enfants à la maison et qu'ils viennent nous rejoindre pour manifester avec nous.                                                                                                               
Je crois que ces mesures de nouveaux rythmes scolaires  sont d’une importance telle qu’on ne peut pas jouer avec la vie de nos enfants, avec leur scolarité. Nous devons montrer au gouvernement que nous désapprouvons ces rythmes scolaires.", a renchérit Kamiloudine DJANFFAR,délégué CGTMa Educ ' Action.
 
Les parents ne semblent pas sourds à cet appel.
 
" Est ce que c'est convenable d’emmener ou d’amener mon enfant à l'école le matin à 6 heures puis d’aller le chercher à 9 heures ? Je n’ai même pas le temps de faire la vaisselle, aussitôt à 10 heures, je dois le ramener une nouvelle fois à l’école, ce n’est pas normal", s'insurge une mère de famille à France Télévisions Mayotte 1ère.
 
" Cette réglementation est trop dure... Il faut que l’administration nous aide, qu’elle embauche des gens qui surveilleront nos enfants quand ils sont à l’école. Il faut qu’on mette aussi en place des cantines scolaires sinon nous continuerons à rejeter ce projet de nouveaux rythmes scolaires", ajoute également Anturia ABDOU, une autre mère de famille.
 
Le SNUipp, syndicat majoritaire exprime depuis l’année dernière son opposition à ces nouveaux rythmes scolaires.
En octobre 2013, en visite surprise dans certaines écoles du nord du département qui avaient commencé à appliquer le nouveau système d’horaires, les syndicalistes avaient relevé de nombreux dysfonctionnements rendant difficile voire impossible, selon eux, l’organisation scolaire préconisée  par le décret de janvier 2013 du ministère de l’éducation. 
 
Cette organisation postule 9 demies journées de travail pour les enfants avec une matinée qui ne peut excéder 3 heures 30, une journée qui ne peut excéder 5 heures et une pause méridienne qui ne peut être à moins d'une heure trente. 
L'insuffisance d'infrastructures adéquates (cantines scolaires par exemple...), le manque d'effectifs pour la surveillance et l’occupation des enfants, le système de rotation constituent des freins à la mise en pratique de nouveaux horaires.
 
Nathalie COSTANTINI, nouveau vice - recteur de Mayotte reconnaît que c'est toujours difficile d' organiser les choses  telles que ce serait au mieux quand on a des contraintes qui s' opposent à vous, néanmoins, poursuit – elle ,  quand on a 24 heures à organiser, on peut toutes fois les organiser en tenant compte  d'une organisation sur le matin et sur l' après midi.

"Je comprends tout à fait que les problématiques pour les enseignants  qui sont en rotation soient plus complexes , que pour les familles et les élus il soit également plus difficile  de mettre les choses en place ... c'est pour ça que j' ai proposé à l' ensemble des organisations syndicales  que j' ai rencontrées plusieurs fois de pouvoir prendre un peu de temps sur cette rentrée  tout en modifiant les choses  parce que le statuquo ne va pas permettre de modifier  les pratiques et donc il est important de pouvoir se mettre tous autour de la table ... j' ai proposé aux organisations syndicales de prendre du temps sur leurs 108 heures obligatoires pour, ensemble, en équipe, essayer de définir la meilleure organisation et tendre le plus rapidement possible  vers ce qui est préconisé dans le cadre du droit commun. »a déclaré Nathalie Costantini , Vice - recteur  de Mayotte.

Emmanuel Tusevo, Grand reporter Mayotte 1ère, Correspondant AFP
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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