Kahani, zone socialement sensible

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Kahani
Kahani était, il y a encore une trentaine d’années, un petit village sans histoire. La construction du dispensaire sectoriel du Centre, l’implantation d’un grand lycée professionnel et un lotissement SIM en ont fait une localité où converge une grande partie de la population du centre de Mayotte.
 
Kahani a grandi, souvent de façon non-maîtrisée, ni viabilisée, notamment avec l’apparition de bidonvilles où vit une grande communauté de personnes en situation irrégulière.

Les alentours du LEP à quelques mètres seulement du dispensaire, est souvent le théâtre d’affrontements entre bandes rivales. Les personnels notamment les enseignants exercent eux aussi souvent leur droit de retrait en signe de contestation.
La mobilisation générale du début de l’année 2018 a eu comme origine les violences aux alentours de l’établissement scolaire.

Un peu plus loin, la caserne de pompiers a subi de nombreux actes de vandalisme et enfin, il y a un mois, une partie de la population a dressé des barrages routiers pour exiger la mise en place de dispositif de ralentissement des automobiles à la suite d’un accident de la circulation.

Les gendarmes sont donc souvent appelés à intervenir dans le secteur.
Pour le maire de Ouangani, ces troubles quasi permanents sont le résultat d’une installation sauvage de familles en situation irrégulière à Mayotte.
Enfin, son emplacement stratégique fait que la moindre parcelle de terrain fait l’objet de spéculation. Des élus locaux avaient même sont soupçonnés de tremper dans des affaires de ventes illégales.

Kahani est aussi un territoire à forts enjeux politiques. Soibahadine Ibrahim Ramadani, le président du département, en est le conseiller départemental.