L'actualité régionale 30 Mars

océan indien
Canal de Mozambique et Madagascar
Canal de Mozambique et Madagascar ©NG

MADAGASCAR

L’armée est déployée pour empêcher les mouvements de population et la propagation du Covid. On cherche surtout à entraver la circulation entre les Comores et la grande-île

Les routes et les côtes des provinces du Nord-ouest vers Majunga et Nosy-Bé sont placées sous surveillance militaire. Les habitants de ces régions n’ont pas le droit d’aller ailleurs. Le président Andry Rajoelina avait surtout parlé d’un bateau de clandestins arrivant de Moheli qui aurait amené le variant sud-africain à Madagascar. Difficile à prouver. Quoiqu’il en soit, les malgaches veulent faire respecter leur décision de fermer les frontières. Entre les Comores et Madagascar, il ne s’agit pas à proprement parler d’immigration clandestine mais de circulation habituelle et massive de personnes et surtout de marchandises, du bois, des produits agricoles, des zébus, des poulets. Ces voyageurs essaient d’échapper à la douane et aux contrôles de police. Là c’est plutôt la circulation du virus que l’on essaie d’entraver… Un peu tard, puisqu’il est déjà présent dans la grande-île, et au contraire en récession aux Comores

 

MAURICE

Le gouvernement est sous le feu des critiques contre sa gestion de l’épidémie

Un véritable tir d’artillerie est lancé par les différents partis de l’opposition mauricienne. Ils se sont réunis hier pour aiguiser leurs arguments à la veille d’un débat parlementaire. Une « motion spéciale » sera déposée au parlement aujourd’hui pour attaquer à la fois le confinement et la vaccination. Selon le leader de l’opposition Xavier Luc Duval « on a perdu le contrôle de la situation ». Le patron du MMM Paul Béranger dénonce la gestion, selon lui « hasardeuse » des vaccins : « on va manquer de vaccins dans les jours à venir » prévient-il. Même l’ancien ministre des affaires étrangères, Nando Bodha qui a claqué la porte récemment du gouvernement, dit que « la situation est extrêmement alarmante » ; « si on ne fait pas attention » dit-il, « toute l’île Maurice va devenir une zone rouge ».

 

MOZAMBIQUE

Le groupe Total a affrété un bateau pour évacuer ses employés de la zone aux mains des djihadistes

Un grand ferry est arrivé dans le port de Pemba avec à son bord pas moins de 1300 personnes qui travaillaient sur le chantier d’extraction de gaz. Cela fera bientôt une semaine que la ville de Palma, à 10 kilomètres du chantier est aux mains des rebelles islamistes « Shababs ». Il est encore difficile de savoir exactement ce qui s’y passe. Le réseau portable ne passe plus. Quelques personnes qui ont réussi à fuir la localité, disent qu’il y a des maisons incendiées et des cadavres dans les rues. Les autorités militaires mozambicaines minimisent et parlent de 7 morts. Cette zone a échappé au contrôle de l’Etat. L’investissement gazier est à l’arrêt. Des réfugiés continuent à affluer à Pemba, la ville principale de la province de Cabo Delgado.

 

 

TANZANIE

Samia Suluhu Hassan, laa présidente qui a succédé à John Magufuli se montre tout aussi déterminée et expéditive que son prédécesseur

Le président John Magufuli était surnommé « le bulldozer », Samia Suluhu Hassan, sous des airs de maman tranquille, semble être faite du même bois. A peine installée dans le fauteuil, elle a entamé sa première semaine présidentielle par un grand ménage dans certains services de l’Etat. Le directeur des services portuaires de Dar es Salaam a été le premier à en faire les frais : viré pour mauvaise gestion. Dans la foulée, elle a demandé un audit des fonds décaissés par la Banque Centrale l’année dernière. Et puis elle a ordonné au bureau anti-corruption d’abandonner les enquêtes sur les faits pour lesquels il n’y a pas assez de preuves. « Il faut poursuivre en justice sur les affaires que nous sommes sûrs de gagner » - dit-elle – « sinon c’est mauvais pour l‘image du gouvernement ». Son prédécesseur John Magufiuli s’était illustré lui, au lendemain de sa première élection en 2015,  en allant lui-même dans un hôpital pour virer des fonctionnaires jugés inutiles.

 

 

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