L'actualité régionale du 17 novembre

océan indien
Aéroport de Nosy Be
Un comité contre l’émigration clandestine à Nosy-Bé, les déboires d’un lanceur d’alerte à Madagascar, l’épidémie de Covid mortelle à Maurice, et les Seychelles qui revisitent leur passé par les noms des rues, tel est le sommaire de l’actualité régionale

NOSY-BE

Une initiative qui devrait plaire aux autorités françaises : les élus de Nosy-Bé ont créé un comité de lutte contre l’émigration clandestine

Ce comité rassemble la préfecture de police de Nosy-Bé, les autorités de la région de Diana basées à Diego, les services municipaux de Nosy-Bé. Tous s’engagent à coordonner leurs efforts pour lutter contre l’émigration clandestine, c’est-à-dire le fait de quitter clandestinement le territoire pour se rendre à Mayotte, puisqu’il n’y a que cette destination qui intéresse les candidats au transport clandestin. Ces voyageurs ne sont pas nécessairement résidents de Nosy-Bé, mais ils passent souvent par cette île pour rejoindre Mayotte en bateau. Cette initiative intervient quelques jours après le sauvetage d’une barque qui a dérivé 10 jours en mer et dont au moins trois occupants sont décédés. Le comité s’est rendu au chevet des rescapés encore hospitalisés. Une enquête se poursuit à leur encontre puisque les tribunaux malgaches ne punissent pas seulement les passeurs mais aussi les passagers.    

MADAGASCAR

Un lanceur d’alerte se trouve devant la justice. Il était  employé du ministère de la santé et a dénoncé des détournements

« Le poète a dit la vérité, il doit être exécuté », exactement comme dans la chanson de Guy Béart, les autorités s’en prennent au messager quand le message ne plait pas. Cet agent du ministère de la santé a constaté des faits de corruption et des détournements. Il les a dénoncé publiquement sur Facebook, et il a remis un dossier au bureau de lutte anti-corruption de Madagascar, il encourt 5 ans de prison pour « diffamation et cybercriminalité ». Lors de l’audience devant le tribunal lundi, son avocat a demandé au procureur si on avait au moins vérifié les faits dénoncés par son client. « Eh bien non, nous allons le faire » s’est-il entendu répondre. On attend le verdict. La société civile malgache réclame depuis longtemps une loi pour protéger les lanceurs d’alerte, sans quoi il ne sera jamais possible de lutter contre la corruption.     

MAURICE

Les compteurs de l’épidémie de Covid s’affolent: on compte 99 décès en une semaine et plus de 11 000 nouveaux cas. La contamination dépasse maintenant les 1000 cas par jour

Ces chiffres ont été révélés par le ministre de la santé lui-même dans une nouvelle séance houleuse au parlement hier après-midi. Le gouvernement a été sommé d’expliquer pourquoi Maurice compte parmi les pays où les taux de mortalité en réanimation seraient les plus élevés au monde, c’est en tout cas ce que dit le leader de l’opposition. « Faux ! » répond le ministre de la santé : « c’est parce vous manipulez les chiffres ». La querelle est allé loin ; le leader de l’opposition affirmant qu’il y a « des morts à cause de l’incompétence du ministre », et ce dernier accusant l’opposition de «planter un couteau dans le dos du personnel soignant ». C’est dans cette ambiance de panique que la décision a finalement été prise de repousser encore la desserte aérienne de l’île Rodrigues. Contrairement à l’information que nous donnions hier par erreur, les vols n’ont pas repris et sont repoussés au moins jusqu’au 30 novembre.    

SEYCHELLES

A Victoria, la capitale des Seychelles, le maire annonce une opération de nettoyage du passé : 15 noms de rue vont changer parce qu’ils rappellent le coup d’Etat de 1977

Le 5 juin 1977, un an après l’indépendance, le premier ministre France Albert René profite d’un voyage à l’étranger du président James Mancham pour s’emparer du pouvoir qu’il ne quittera que 27 ans plus tard, après avoir instauré un régime autoritaire d’inspiration marxiste à parti unique. Des rues de la capitale ont gardé des noms à la gloire de ce coup d’Etat. Dès son élection l’année dernière, le nouveau président Wavel Ramkalawan avait créé un comité chargé de revoir ces noms de rue: ainsi l’avenue de la Libération va redevenir la rue Royale, ou bien encore l’avenue de la Révolution s’appellera avenue de la Constitution. Et tout cela se passe sans dépenser un sou, des entreprises locales vont sponsoriser les changements de plaques.