L'actualité régionale du 25 octobre

océan indien
Madagascar 1er ministre
Le nouveau Premier ministre Jean Ravelonarivo (g.) et son prédécesseur Kolo Roger. ©Présidence malgache / Service de presse
La fuite d’un ancien premier ministre malgache, le contrôle des reportages à Madagascar, des voitures électriques pour les safaris en Tanzanie, et la protection des tortues géantes seychelloises sont au sommaire de l’actualité régionale

MADAGASCAR :

Un ancien premier ministre malgache en cavale est arrivé en Kwassa à  Mayotte, avant de repartir vers l’Europe

IL s’agit de Jean Ravelonarivo, premier ministre du précédent président de Madagascar Hery Rajaonarinamampianina. Il a été condamné en septembre dernier à 5 ans de prison pour un détournement de deniers publics à la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale. Plusieurs millions d’euros sont évoqués. Le président de la caisse de prévoyance, lui, s’est déjà enfui de Madagascar –avec la caisse – pour aller se réfugier en Suisse. Il est fort probable que l’ancien premier ministre soit allé le rejoindre. Il n’était pas en prison malgré sa condamnation, et sa liberté n’était pas tellement surveillée puisque qu’il a pu prendre une petite embarcation au départ de Nosy-Bé vers Mayotte, 340 kilomètres. Entré clandestinement à Mayotte, il a séjourné quelques jours dans un hôtel de Mamoudzou avant de prendre l’avion d’Air Austral pour Paris, vendredi soir, sans problème. Il était détenteur d’un visa Schengen. Il est intéressant de revoir ce que disait la presse malgache quand il a été nommé en 2015 : ancien général de l’armée de l’air, Jean Ravelonarivo était présenté comme une personnalité intègre, qui affichait sa ferme volonté de lutter…contre la corruption.  

Mauvaise nouvelle pour les équipes de tournage de télévision : le ministère de la communication serre les boulons et restreint la liberté de faire du reportage

Avec la réouverture des frontières, désormais les journalistes étrangers qui souhaitent réaliser des documentaires ou des reportages à Madagascar devront adresser une demande écrite en mentionnant ce qu’ils viennent faire exactement, qui ils veulent interviewer, où, quand, comment, pourquoi… Ils devront payer un droit d’entrée de 3000 dollars (près de 2 600 euros) et, cerise sur le gâteau, ils devront être accompagnés pendant tout leur séjour par un fonctionnaire du ministère qui contrôlera ce qu’ils font. Les frais de cet « accompagnateur » devront être pris en charge par les reporters. Ces procédures ont comme un air de Corée du Nord. On retrouvait aussi les mêmes au Zimbabwe du temps de Robert Mugabe. La correspondante de France24 à Tana, notre consœur Gaëlle Borgia, a vivement réagi, parlant d’une « atteinte claire à la liberté d’informer ». Elle évoque notamment une volonté d’empêcher d’enquêter sur la famine dans le sud.  

TANZANIE :

Des voitures électriques dans la Savane, silencieuses, pour ne pas déranger des lions et les girafes… Cela se passe en Tanzanie où une société française transforme des vieux 4X4 équipés pour les safaris

Le ministre français délégué au commerce extérieur Franck Riester a profité de son passage en Tanzanie la semaine dernière pour présenter la prouesse technique réalisée sur de vieux véhicules diesel tous-terrains entièrement reconditionnés. C’est un tour-opérateur français appelé «Kilimandjaro Safari Club » qui a lancé la restauration de ces antiques 4X4 polluants et bruyants, rééquipés en moteurs électriques alimentés par de vieilles batteries de Renault qui ne sont plus utilisées en France. Le tout alimenté sous un garage à toiture solaire. Evidemment, il ne faut pas s’attendre à une grande autonomie, mais cela va très bien quand  il s’agit de sillonner les pistes des parcs naturels à faible vitesse, sans bruit, pour mieux observer les animaux.    

SEYCHELLES :

Les Seychelles relâchent des tortues géantes dans la nature 27 tortues d’Aldabra, une espèce protégée, ont été relâchées dans l’île de Desroches. Ces tortues peuvent vivre plusieurs centaines d’années. Elles participent à la biodiversité animale mais aussi végétale : par leurs déjections elles permettent aux plantes de se développer. Les tortues relâchées sont encore petites mais pèsent quand même déjà 9 kilos, ce qui les met à l’abri des prédateurs. Elles sont trop grosses pour les oiseaux, et aussi pour les touristes collectionneurs qui avaient la fâcheuse habitude de les glisser dans leurs bagages pour les emmener hors des frontières. 9 kilos dans une valise, cela commence à être plus difficile de les sortir discrètement.