Seule séquence commune de ce double déplacement ministériel à Mayotte : Manuel Valls et Élisabeth Borne se sont rendus ce vendredi matin au collège de Chiconi, l'un des plus endommagés par le cyclone Chido. Il fera sa rentrée le lundi 3 février, avec une semaine de retard. Au milieu de la cour, les dégâts sont encore bien visibles. La principale du collège désigne un bâtiment aux ministres. C'est celui d'histoire, récemment rénové. "Il n'y a plus de toit, les pompiers nous ont appris hier qu'il menaçant de s'effondrer vers nous", commente-t-elle.
Elle désigne un autre bâtiment. "Là, nous n'avons plus de coursives, les salles ne sont plus accessibles à l'étage. L'électricité n'est pas au point, on voit des fils pas là où ils devraient être." Les salles spécialisées au rez-de-chaussée "ont été visitées" avec de nombreux vols. "Dès le samedi du cyclone, à 17h, les malveillants saccageaient notre vie scolaire qui est quasiment neuve", raconte la principale. Durant cette visite guidée, la délégation est passée devant des pompiers bâchant des murs. Un peu plus loin, une cour n'a plus de toit. Il a été réduit à un amas de tôles écrasées. "Chido nous a enlevé nos tôles, la tempête Dikélédi nous les a ramenées. C'est incroyable", ajoute-t-elle.
10 salles de classe, et des tentes pour les 960 élèves
Derrière cet inventaire de dégâts se niche un défi logistique : ce lundi 960 élèves et 66 enseignants feront leur rentrée avec seulement 10 salles de classe disponibles. "On travaille d'arrache-pied pour pouvoir ouvrir au moins 9 nouvelles salles", précise la principale. Actuellement, le collège ne peut accueillir qu'un niveau, 250 élèves par demi-journée. Dans une partie de la cour, trois tentes climatisées ont été déployées pour accueillir les collégiens, 15 autres seront alignées prochainement. "On a eu pendant les 15 premiers jours après Chido vraiment des attaques régulières, il faut sécuriser ces tentes", prévient-elle. "Un climatiseur c'est 1.000 euros, on va en avoir 36, ça va encourager les convoitises."
En visitant une salle de classe, encore utilisable, le ministre des Outre-mer Manuel Valls s'empare d'un manuel de 3e sur une maigre pile et pointe une table. "Le matériel a été très abîmé ?", interroge l'ancien Premier ministre. "On a quand même pas mal de mobilier qui a été impacté, on a perdu beaucoup de manuels", lui répond la principale. Sur les cinq photocopieurs du site, "on en a récupéré trois", mais la quasi-intégralité du matériel informatique a été perdue : les ordinateurs, les vidéoprojecteurs et le serveur les reliant.
Si ce jeudi soir, la ministre de l'Éducation Élisabeth Borne avait assuré que les ressources du CNED, le centre national d'enseignement à distance, pourront être imprimées pour les élèves n'ayant pas d'ordinateur ou de réseau internet, cela paraît compliqué au collège de Chiconi. "Le kit du CNED, on aurait l'avoir en papier pour chaque enfant de l'établissement, mais on comprend le problème logistique", explique la principale. "On va l'imprimer ici, tout l'enjeu c'est ça", ajoute le recteur de Mayotte.