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Médecins sans Frontières alerte sur une "crise sans précédent" à Mayotte

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place de la republique Mamoudzou
Des familles se retrouvent Place de la République à Mamoudzou le 16 juin 2016 ©CAMILLE LECAT / AFP
Médecins du Monde a mis en garde jeudi contre "une crise sanitaire sans précédent" à Mayotte, où environ 300 personnes chassées de leurs logements par des collectifs d'habitants sont toujours installées sur une place de Mamoudzou dans un camp de fortune.
"Dans ces conditions, les infections respiratoires, les fièvres, les rhumes et les diarrhées se multiplient, surtout chez les enfants", a regretté l'ONG qui assure des consultations médicales et une veille quotidienne aux côtés de la Croix-Rouge. Environ 300 personnes étaient toujours installées jeudi place de la République à Mamoudzou (chef-lieu).
"Près de 200 enfants et 84 adultes sont encore là", selon l'antenne locale de la Ligue des droits de l'Homme, qui leur vient en aide. Des personnes "en situation régulière" sur le territoire français ou "dont la situation en cours de régularisation", affirme-t-elle.
 

Conditions de vie "indignes"

"Les conditions de vie sont indignes", a déploré pour sa part une bénévole de la Cimade, association nationale de défense des droits des étrangers, qui tient une permanence quotidienne pour récolter les témoignages des familles.
Quelques matelas de fortune, des tentes et des nattes de plage posées à même le sol font office de couchages. Pour l'eau potable, seules deux citernes installées par La Croix-Rouge sont accessibles pour l'ensemble des "expulsés". Côté hygiène, ils doivent se partager quatre toilettes et une douche "pas nettoyées quotidiennement", selon la bénévole.
 

Un repas par jour, près d'un millier de personnes délogées

Un seul repas par jour est distribué à chacun, grâce aux "dons d'associations et de particuliers". La Préfecture a annoncé mercredi, lors d'une réunion avec les maires du département, que la situation des personnes concernées est "examinée dans le cadre des lois et des règlements en vigueur" et que, dans ce cadre, "aucun départ vers La Réunion ou la métropole n'est possible, pas plus qu'un relogement".

De janvier à début juin, les expulsions arbitraires organisées par des collectifs d'habitants de plusieurs communes de l'île auraient ainsi contraint près "d'un millier" de personnes à quitter leurs habitations, selon les chiffres communiqués par les différentes associations. La dernière opération d'expulsion par des collectifs d'habitants date du 5 juin.
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