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Nickel : la perspective d'une reprise

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Usine Doniambo SLN Alain Jeannin
Vue de l'usine de ferronickel SLN-Eramet de Doniambo en Nouvelle-Calédonie ©Alain Jeannin
Ce lundi soir, le nickel a mené la charge au London Metal Exchange (LME), avec 10.202 dollars la tonne (+ 2,51%). Les prix du métal se sont installés au-dessus d’un nouveau seuil symbolique, atteignant leur plus haut niveau depuis octobre 2015. 
« Pourvu que ça dure ! » Si la mère de Napoléon 1er est à l’origine de l’expression qu’elle employait en évoquant les victoires de son fils, Vassilis Cambas commente avec les mêmes mots l’évolution du nickel ce lundi à Londres. « Il monte, pourvu que ça dure ! » résume le directeur de Larco, le producteur de ferronickel grec.
 

Le cours du nickel franchit les 10.000 dollars

A la City de Londres, ce fut un lundi au soleil pour le nickel. Avec des gains et des échanges « énormes » selon Triland Metals, l’un des acteurs de la Bourse des métaux. « La tendance est haussière » poursuivent les analystes du négociant londonien «1,8 million de tonnes de métal a changé de main en quelques heures à la Bourse des métaux de Londres (LME) et plus de 16.000 lots de nickel ont été vendus dans les entrepôts. »

Spéculation sur les Philippines 

Dans la foulée de Londres, la bourse des métaux de Shanghai (SHFE) est au plus haut depuis trois mois, l’engouement pour les métaux industriels et le nickel se confirme. "Attention", nuance Vassilis Cambas « beaucoup de liquidités circulent, les matières premières sont des cibles d’opportunité, de spéculation ». Ainsi, les traders et les analystes se focalisent sur le niveau de baisse que pourrait atteindre la production de nickel aux Philippines. « Un million de tonnes de minerai de nickel en moins ? Et dans une seule région ? Ce qui signifierait tout de même qu’il resterait trente millions de tonnes à exporter » indique le Metal Bulletin de Londres, pour relativiser la principale information qui agite le LME.

Scepticisme des uns

Les analystes de JP Morgan sont, eux aussi, dans une perspective plutôt prudente pour les prix du nickel. Dans une note publiée lundi, ils décrivent " une production mondiale qui n’a pas beaucoup diminué, des coûts de production qui restent élevés, une croissance de la consommation de nickel pour l’acier en Chine qui ne devrait pas durer », autant dire qu’ils sont moins optimistes que les prix du nickel ce lundi à Londres.

Optimisme des autres

Quoi qu’il en soit, ce qui fait monter le nickel ce lundi à Londres, c’est bien l’information venue des Philippines selon laquelle Rodrigo Duterte, le nouveau président du pays, aurait l’intention de fermer les mines de nickel les plus polluantes, ce qui réduirait l’offre mondiale et aurait un effet positif sur les prix. « C’est tout ce qu’il faut retenir » conclut David Wilson, directeur de la banque américaine Citi. Dans le sillage des cours du nickel à Londres, lundi soir, les valeurs minières des deux producteurs de ferronickel de Nouvelle-Calédonie étaient en forte hausse à Londres et à Paris, Eramet progressait de 6,74% et Glencore de 4,36%.
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