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Le Congrès des maires, à quoi ça sert ?

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Après la journée de l'Outre-mer lundi à l'hôtel de ville, le 96e Congrès des maires de France se poursuit au parc des expositions à Paris ©La 1ère
Le 96e Congrès des maires a débuté lundi à Paris. Il se poursuit jusqu'au 21 novembre au parc des expositions de la porte de Versailles. Nombre de délégations ultramarines ont fait le déplacement, mais pour quoi faire
"Chaque année, nous venons visiter la mairie de Paris..." Ainsi s'exprimait Ary Chalus, député-maire de Baie-Mahault, lors de son intervention hier à la Journée des maires d'Outre-mer. Dépité, il n'a eu de cesse de remettre en cause l'utilité du Congrès des maires de France. Mais nombre d'élus sont loin de partager son avis. 

Pour René Noël, le maire de la commune guadeloupéenne de La Désirade, interrogé par La1ere, "il faut voir cette rencontre comme un lieu d'échanges". Il ajoute : "Nous abordons énormément de dossiers et nous puisons dans l'expérience des autres des éléments qui nous permettent de mieux gérer nos communes." Un point de vue que partage la maire polynésienne de Tahaa, Emma Maraea.

"Voir ce que font les autres maires"

Emma Maraea est maire de la communauté de communes de Tahaa depuis 2008, l'année de son dernier déplacement à Paris pour le Congrès des maires de France. Si elle n'est pas venue pendant l'intervalle, c'est essentiellement pour des raisons financières. Il faut débourser 245 000 Francs Pacifique par personne pour le trajet (soit environ 2 000€), sans compter les frais d'hébergement.

C'est là tout le paradoxe de ce Congrès. Cela représente une dépense considérable, et les thèmes abordés sont parfois loin des préoccupations de chaque Outre-mer. Pourtant, Emma Maraea est là. 
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Quatre membres de la délégation polynésienne de Tahaa au 96e Congrès des maires de France, Emma Maraea est la 3e en partant de gauche ©Léia Santacroce
Lors d'une conférence mardi sur l'utilité de l'échelon "commune", Emma embarque trois membres de sa délégation dans le gigantesque auditorium. A la tribune, on y parle fusion et intercommunalité. De sa chaise, Madame le Maire commente à voix haute : "Pourquoi râlent-ils ? Quand ils ont la continuité géographique, ça a du sens de parler d'intercommunalité. Nous, la mer sépare nos îles !" Elle dit regretter qu'on ne traite pas davantage des particularités ultramarines : "On vient là, on se sent noyés dans le Congrès, on ne nous considère pas..." Il n'empêche, elle trouve ça utile de "voir ce que font les autres maires". 

Le Congrès des maires, un voyage d'affaires

Outre l'aspect "lieu d'échange", c'est le Salon des exposants qui attire les élus, à l'instar de la délégation Saint-Pierraise. A deux pas de l'auditorium où se déroulent les débats, ce Salon est un peu la caverne d'Ali Baba des maires de France. On trouve plusieurs centaines de stands : feux rouges, lampadaires, engins de chantier, monuments aux morts, etc.

Mardi matin, la délégation de Saint-Pierre-Miquelon fait de la prospective. Les quatre Saint-Pierrais cherchent des solutions concrètes pour le traitement local de leurs déchets. Martin Detcheverry est conseiller municipal, il explique : "Par exemple, rien n'est fait pour les piles et les batteries. Les habitants se rendent bien compte qu'ils ne peuvent pas les jeter. Alors ils les stockent, et ils attendent. Nous ici à Paris, on cherche le meilleur système pour régler ce problème." 


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Martin Detcheverry, conseiller municipal de St-Pierre, président de la Régie Eau et Assainissement ©Léia Santacroce
Au cours de la visite, Patrick Lebailly, premier adjoint, s'enthousiasme : "Vous voyez ce colombarium ? C'est ici que nous avons trouvé le nôtre. Vous avez vu cet engin électrique ? Nos services techniques utilisent les mêmes..." Il s'arrête à un stand de déneigement et serre la main à un homme qu'il appelle "Monsieur Froid", son fournisseur. C'est à lui que la mairie de St-Pierre a acheté son système de salage. Patrick Lebailly s'exclame : "Grâce à ça, nous économisons 50 000 euros par an !" De quoi rentabiliser leur voyage annuel qui leur coûte environ 2 000 € par personne. Martin Detcheverry résume : "Le Congrès des maires, c'est comme un voyage d'affaires."
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