SLN /VALE NC: l'acte de naissance d'une joint-venture pour exploiter les gisements de Prony-Pernod

nickel
prony pernod province sud..
©NC 1ère
2 avril 2014, une date clé dans  l’histoire de l’exploitation minière en Nouvelle-Calédonie! Les élus de la province sud ont validé un protocole général d’accord qui autorise la SLN et Vale NC à lancer les travaux de prospection des gisements latéritiques de Prony-Pernod.
En Nouvelle-Calédonie, l’assemblée de la province sud a ouvert, ce mercredi, la voie à une future valorisation des massifs de Prony et Pernod, un joyau latéritique d’au moins 3 millions de tonnes de minerai contenus que la planète nickel envie à la Nouvelle-Calédonie.
 
En effet, les élus ont approuvé la signature d’un protocole général d’accord qui autorise la SLN et Vale NC à lancer les travaux de prospection et les études préalables à une future exploitation. Un vote qui engage la collectivité pour les cinquante prochaines années. 
 
La délibération adoptée ce mercredi par l'assemblée de la province sud  est en quelque sorte l’acte de naissance de la société JV Co, une joint-venture qui rassemblera les deux industriels( SLN et VALE NC ), détenteurs chacun de 33 % du capital et la collectivité provinciale majoritaire dans un premier temps avec une participation de 34 %.

L’objet de cette société sera d’une part de compléter l’évaluation géologique des gisements de Prony et Pernod, et d’autre part  d’identifier les meilleures conditions économiques et techniques d’une activité d’extraction. Ce travail préliminaire sera financé exclusivement par la SLN et Vale NC, au bout de quatre ans une décision d’investissement sera actée avec en projet final, la construction d'une nouvelle usine...

Dans ce cas, au moins deux configurations sont possibles : soit une unité de production portée par les deux industriels équitablement, avec un actionnaire majoritaire, ou deuxième cas de figure par un actionnaire unique.

Quelque soit l'option retenue,  le projet prévoit de compenser la rétrocession des massifs de plusieurs façons. Tout d’abord une contrepartie numéraire de 25 millions de dollars soit un peu plus de 2 milliards de francs cfp, ensuite la multinationale devra verser à la province sud une soulte de 1,25 % du chiffre d’affaire issu de la vente de nickel, un ratio qui s'élèvera à 1,75 % en pleine capacité de production.

Enfin, la collectivité percevra aussi des dividendes grâce à sa participation au capital de la société exploitante, participation plafonnée à 10 % du capital dans cette phase finale. Des retombées qui sont évaluées par l’exécutif provincial à 130 milliards de francs sur cinquante ans.

Ce texte n'a pas fait l'unanimité ce mercredi à l' assemblée de la province sud Les élus de Calédonie Ensemble, mais aussi du FLNKS  se sont clairement opposés à la philosophie du projet.

Le clivage observé lors du dernier Comité Stratégique Industriel a refait surface avec cette question : quelle est la place de la force publique dans l’activité économique ?
La majorité de l’assemblée de la province sud, composée du Front pour l’unité-Rassemblement et de l’UCF considèrent que la collectivité doit limiter le risque financier et donc ne pas prendre une participation trop importante dans le capital des multinationales, d’où le plafonnement à 10 % de la participation de la Province Sud dans la future société métallurgique.

Au contraire, Calédonie Ensemble et le FLNKS estiment que la force publique doit détenir la majorité du capital et ainsi garder la maîtrise de l’outil de développement. L’autre grief essentiel soulevé contre ce projet, c’est l’insuffisante valorisation de ce diamant vert. " On est en train de brader Prony -Pernod" a notamment dénoncé Calédonie Ensemble. Rock Wamytan n’a pas hésité à parler de remake de 1991, et de "nouveau pillage au profit des multinationales".  
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