Assises: " je ne voulais pas tuer ma fille, seulement la blesser!"

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Palais de justice de Nouméa ©NC 1ère
Premier jour du procès de Sandra Koteureu, cette mère de famille de 43 ans est jugée pour le meurtre de sa fille le 16 juin 2013 à l’Île des Pins. La défense devrait plaider la requalification du crime en coups mortels autrement dit sans l'intention de donner la mort...
"Je  ne voulais  pas tuer ma fille, seulement la blesser ", n’a cessé de répéter Sandra Koteureu entre deux sanglots. Au premier jour d’audience à la Cour d'assises de Nouméa, les interventions de son avocat du barreau de Paris ne laissent aucun doute sur la plaidoierie de la défense, ce sera à coup sûr une demande de requalification du meurtre en coups mortels, c’est à dire qu’il n’y avait pas intention de donner la mort.

Avant d’aborder les faits, la Cour s’est longuement penchée sur la personnalité de l’accusée, de père tahitien et de mère kunié, Sandra n’a pas eu vraiment une enfance normale, abusée sexuellement à l’âge de 9 ans au sein de l’entourage familial, elle s’est forgée à l’âge adulte une image de femme forte et déterminée.

Mariée, mère de 6 enfants, elle monte sa petite société de location de voitures. Sa fille Bianca réussit son Bac avec mention et suit une formation pour un emploi sur l’île mais elle décide de se mettre en couple, à 23 ans elle est mère de deux enfants. Sa vie amoureuse ponctuée de violences de son concubin l’ont toujours ramenée à la maison familiale, elle ne nous a jamais quitté, déclare l’accusée à la Cour.

Le jour du drame entre les deux femmes de fort caractère, le ton monte  à cause d’une remarque sur l’éducation des enfants.  Bousculée par sa fille, Sandra koteureu saisit un couteau et frappe mortellement Bianca dans le dos.
Un accès de colère suite à une altercation vécue comme une blessure narcissique intolérable explique l’expert psychiatre qui considère que le risque de récidive chez l’accusée est nul mais il  estime que si sa réinsertion sociale ne posera aucune difficulté, il ne lui sera pas facile, de composer avec sa culpabilité. 
 
Verdict ce mercredi après le réquisitoire et la plaidoirie de la défense. L’accusée encourt une peine de 30 ans de réclusion criminelle pour homicide volontaire, mais si le crime est requalifié en coups mortels avec arme la peine maximale est de 20 ans de prison.


 
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