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Tribunal correctionnel: morte à 19 ans au CHT Gaston Bourret à cause d'une erreur médicale

justice
procès CHT
Le CHT Gaston Bourret à Nouméa
Deux infirmières et le CHT accusés d’homicide involontaire ont comparu devant le tribunal correctionnel ce vendredi. Une jeune fille de 19 ans, Yorika Bouédaou est décédée en février 2010 d’une overdose de morphine accidentellement administrée. 
Une triste affaire qui témoigne une nouvelle fois de la désorganisation interne et du manque de moyens humains dont se plaint fréquemment le personnel du CHT depuis quelques années.

C’est une affaire qui laisse un goût amer, un goût d’inachevé. Un drame pour la famille de la jeune Yorika Bouédaou autant que pour les deux infirmières accusées d’homicide involontaire.

Le 24 février 201O, Yorika est retrouvée morte par sa maman qui lui rendait visite à l’hôpital tôt le matin. La veille, sa fille, qui souffrait de myopathie, venait de subir une très grosse opération qui avait pourtant réussie. Celle-ci devait lui permettre de redresser la tête et de pouvoir continuer à lire. Car Yorika, jeune fille pleine de vie, venait tout juste de décrocher son baccalauréat et rêvait de poursuivre ses études en métropole.
Dans l’après-midi suivant son opération, elle est transférée du service réanimation à celui de la chirurgie orthopédique. Et c’est au cours des consignes données par l’un des médecins anesthésistes sur les doses de morphine à lui administrer que la première erreur est commise. Jamais le médecin ne signera ni ne remplira la prescription de sa main, les consignes ont été indiquées oralement et retranscrites par une infirmière dont ce n’est ni le rôle ni la responsabilité. La prescription est mal écrite et surtout mal recopiée et de 1 mg, elle passera à 10.

Incompréhension pour la famille mais aussi une culpabilité morale pour les deux infirmières débordées par des patients en surnombre, par du matériel qui fonctionne mal, et surtout, seules dans l’impossibilité de joindre des médecins absents une partie de la journée et de la nuit.

Des médecins qui dans cette affaire n’ont pas eu à répondre d’une quelconque accusation dans ce dossier. C’est ce qu’ont déploré tant le parquet, que les parties civiles et de la défense.

Pour le ministère public, Yorika a été victime d’une erreur médicale liée à une accumulation "de grains de sables dans la chaîne des responsabilités et de l’organisation interne du CHT."

La procureure a donc simplement requis une condamnation pécuniaire contre l’hôpital. Le tribunal rendra son jugement le 5 novembre prochain.
 


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