Le droit à l'IVG réaffirmé par l'Assemblée nationale

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Quarante ans après le début des débats sur la "loi Veil", autorisant l'interruption volontaire de grossesse (IVG) en France, l'Assemblée nationale a réaffirmé mercredi le ''droit fondamental'' à l'IVG. 
Quarante ans jour pour jour après le début des débats sur la « loi Veil », les députés français ont réaffirmé mercredi, à la quasi-unanimité, le droit « fondamental » à l'interruption volontaire de grossesse (IVG). 
 
Le 26 novembre 1974, l’Assemblée nationale commençait à se pencher sur le contenu de la loi légalisant l’IVG. Le texte était porté par Simone Veil, alors ministre de la Santé. Après des débats houleux - Simone Veil subira entre autres des insultes de la part de députés de droite - la loi sera adoptée, quelques jours plus tard, par 284 voix contre 189. 
 
La loi de 1974 n’autorisant l’IVG que pour une période de cinq ans, il faudra cependant attendre 1979 pour que l'autorisation soit rendue définitive en France.
 
Cette première loi a connu des évolutions par la suite. Ainsi, la loi de 1982 permet le remboursement de l’IVG, celle de 2001 a porté le délai légal de 10 à 12 semaines de grossesse et autorisé les médecins libéraux à réaliser des IVG médicamenteuses. L’évolution la plus récente, introduite par la loi égalité hommes-femmes de 2014, a aussi supprimé la notion de « situation de détresse » pour justifier d'une demande d'avortement.
 
Mercredi, les débats à l’Assemblée nationale ont été beaucoup plus sereins qu’en 1974. Seul un virulent discours anti-avortement de Jacques Bompard, député d'extrême-droite, est venu interrompre le calme des discussions. 
 
Par 143 voix contre 7, l’Assemblée nationale a adopté mercredi une proposition de résolution visant à réaffirmer le droit fondamental à l'interruption volontaire de grossesse en France, en Europe et dans le monde. La résolution, texte non contraignant, "rappelle que le droit universel des femmes à disposer librement de leur corps est une condition indispensable pour la construction de l'égalité réelle entre les femmes et les hommes, et d'une société de progrès". 
 
Le texte souhaite aussi que "la France poursuive son engagement au niveau européen, comme international, en faveur d'un accès universel à la planification familiale". 
 
En 2012, d’après les chiffres de la Direction de la recherche, des études, de lévaluation et des statistiques (Drees), près de 220.000 IVG ont été réalisées en France, un chiffre « relativement stable depuis une dizaine d'années ». En 2013, ce chiffre aurait augmenté de 4,7%, suite au débat concernant les risques liés aux pilules de 3ème et 4ème génération.
 
Des problèmes se posent cependant en France concernant la prise en charge des IVG. Un rapport du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes souligne ainsi la fermeture, « pour des questions de rentabilité financière », d'un nombre conséquent de structures: « 5% des établissements publics et 48% des établissements privés pratiquant l'IVG ont fermé ces dix dernières années, soit plus de 130 établissements au total ».