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Future clinique Île Nou-Magnin : à quand la reprise des travaux ?

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Projet de la clinique Île Nou-Magnin
Projet de la clinique Île Nou-Magnin ©NC1ère
La future "méga" clinique de Nouville va-t-elle voir le jour ? Le chantier du projet, baptisé "Île Nou-Magnin", a été stoppé net il y a un mois par le clan Betoe, qui revendique les terres sur l’île de Nouville. Malgré des tentatives de discussion, la situation semble bloquée. 
Le projet titanesque de la future clinique de Nouville ou "Île Nou-Magnin", qui doit regrouper les trois cliniques privées actuelles de Nouméa dans un seul et unique lieu, doit normalement être livré en 2017. D’une capacité de 300 lits, le projet comprendra douze salles d’opération. Mais compte-tenu des événements des dernières semaines, le calendrier ne sera sans doute pas respecté. 
 

Le clan Beote revendique le terrain sur lequel doit s’élever la clinique

Le chantier, dont le montant se chiffre à 13,2 milliards de francs CFP, a commencé il y a un an, le 30 novembre 2013, avec la pose de la première pierre. Il s’est cependant brutalement arrêté il y a un mois. 
 
A la Toussaint, le clan Betoe décide d’investir le chantier et, tout autour du terrain situé à la pointe Lallemand, plante plusieurs banderoles, portant des inscriptions comme "Touche pas à ma plage" ou "Non à l’hôpital". 
 
La clan Betoe dénonce le "pillage du foncier et des ressources autres que le nickel" de la part des pouvoir économiques et politiques. Selon le clan, la "méga" clinique va occuper une des seules places détenues à Nouméa par un clan kanak, et rappelle qu’il revendique l’ensemble de l’île Nou depuis plusieurs décennies.
 
Quelques jours plus tard, dans la nuit du 5 au 6 novembre, un groupe de personnes somme les vigiles, présents sur le chantier, de quitter les lieux et mettent le feu à l’un des containers. 
 
Sur le chantier de Nouville, plus aucune trace des premières pierres posées il y a un an. Seuls sont restés les piquets, le container incendié et la surface terrassée de la future clinique. 
 

Les salariés de l’entreprise de construction au chômage partiel

En attendant une résolution du conflit, l’entreprise en charge de la production, Colas, a déménagé tout son matériel, ainsi que le personnel qu’elle souhaite mettre à l’abri. L’entreprise, qui sort tout juste d’un plan social, vient de lancer une procédure de chômage partiel pour les employés qui travaillaient sur le chantier de la clinique. 
 
Il y a quelques jours, l’entreprise Colas a tenté, avec l’un des actionnaires privés, Jean-Jacques Magnin, d’entamer des discussions avec le clan Betoe. Mais la réunion a tourné court, le clan restant ferme sur ses positions.  
Pour Calédonie Ensemble, il faut privilégier le dialogue, tout en permettant la reprise du chantier.
 
"Il faut vraiment qu’une solution soit trouvée, que le chantier reprenne", explique Philippe Dunoyer, porte-parole de Calédonie Ensemble. "Il en va de l’équilibre de la carte sanitaire de Nouvelle-Calédonie". 

ITW Dunoyer 121214

 

Les actionnaires privés s’inquiètent de la situation

Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a pris le relais dans les discussions, avec, à la barre, Anthony Lecren, membre du gouvernement en charge des affaires coutumières. 
 
Lundi après-midi, ce dernier s’est entretenu avec le clan Betoe. Un premier entretien qui ne sera sans doute pas le dernier, car le Gouvernement entend privilégier le dialogue. La question reste de savoir jusqu’à quand le dialogue doit se poursuivre. Les actionnaires privés qui portent le projet de la méga clinique se montrent en effet très inquiets par l’interruption des travaux. 
 
D’une durée de 52 ans, le bail emphytéotique signé entre le Gouvernement et les actionnaires prévoit un loyer annuel de 120.000 francs CFP, au moment des travaux, et de 5 millions une fois le projet livré. 

 

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