Trente personnes déchues de leur nationalité au Vanuatu

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Le Premier Ministre Joe Natuman au siège des Nations-Unies
Le Premier Ministre Joe Natuman au siège des Nations-Unies ©un.org
Trente personnes ont été récemment déchues de leur nationalité vanuataise et doivent prochainement être expulsées du territoire du Vanuatu. 
La Commission de Citoyenneté de la République du Vanuatu a annoncé le week-end dernier que trente personnes avaient été déchues de leur nationalité vanuataise. 
 
Cette décision s’inscrit dans le cadre de la nouvelle politique du gouvernement actuel, conduite par le premier ministre Joe Natuman. Ce dernier a succédé il y a quelques mois à Moana Carcasses, renversé par voie de motion de censure. 
 
Les autorités vanuataises sont ainsi en train d’examiner les dossiers des étranges ayant été récemment naturalisés. Joe Natuman a aussi annoncé que les personnes se retrouvant déchues de la nationalité vanuataise seront expulsées du territoire. 
 
Au début du mois, Joe Natuman avait déjà annoncé que vingt personnes, accusées d’avoir payé des pots-de-vin à d’anciens membres de la Commission de la Citoyenneté pour être naturalisés, allaient être expulsés.
 
Ce type de décision frappe à tous les niveaux. Ainsi, au mois de septembre dernier, Gilles Daniel, ressortissant français proche de l’ancien Premier ministre et désormais opposant Moana Carcasses, avait été déchu de sa double citoyenneté vanuataise. Une semaine plus tôt, un homme d’affaires chinois, Ruihua Yau, qui avait été le vice-ambassadeur du Vanuatu à Beijing sous le gouvernement de Carcasses, avait aussi vu sa nationalité retirée, se retrouvant ainsi apatride. 
 
En novembre 2013, la Constitution du pays avait été amendée pour permettre la possibilité de la double nationalité. Avant cet amendement, un descendant vanuatais devait ainsi renoncer à son premier passeport pour devenir ni-vanuatu. L’amendement ouvrait la possibilité aux étrangers installés depuis au moins 10 ans au Vanuatu de demander un passeport vanuatais. 
 
Singularité introduite par la réforme : la citoyenneté payante. Contre la somme de 310.000 dollars, une personne n’ayant aucun lien familial ou historique avec le pays peut acquérir la nationalité. Cette partie de la réforme avait provoqué l'émoi dans les rangs de l'opposition.