Province nord: un vice-procureur de la République en septembre?

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Section détachée de Koné ©Cédrick Wakahugnème NC 1ère
Lors de l'audience solennelle de rentrée organisée à Koné ce vendredi, tous les acteurs de la justice ont souligné l'importance de nommer un vice-procureur de la République. Ils ont aussi proposé de créer une justice ouverte et originale en articulation avec les autorités coutumières.

Il est de coutume que la première audience de rentrée judiciaire se fasse au tribunal de première instance de Nouméa, mais compte-tenu de l'évolution de la justice dans la Province nord de la Nouvelle-Calédonie, il semblait intéressant pour la justice de marquer l'événement. "Cette décision nous est effectivement apparue importante et de nature à participer au positionnement de la section détachée de Koné ", insiste Claire Lanet, procureur de la République,  en précisant "cela participe activement à l'évolution institutionnelle souhaitée pour cette géographique de la Nouvelle-Calédonie ". D'évolution, il est en question avec à l'avenir la création du futur Centre pénitentiaire du Nord, qui pourrait accueillir une centaine de détenus en fin de peine, originaire de la Province nord.

Une justice de proximité
 
La création d'une section détachée en Province nord remonte à 1989. "Les premières audiences se faisaient au départ à la Mairie de Koné" souligne André Angibaud, le président de la section détachée. "Elle avait déjà vocation à rapprocher la justice avec les populations du nord" poursuit le magistrat. Ce n'est que deux ans plus tard, en 1991 que les magistrats et les fonctionnaires du greffe s'installent dans les nouveaux bâtiments à deux pas du marché communal de Koné. Cette justice de proximité a permis également de créer des audiences foraines dans les communes. Aujourd'hui, les acteurs de la justice souhaitent établir une vision globale de la présence judiciaire en Province nord.
 
La section détachée de Koné se développe
 
En matière de moyens, les effectifs de la section détachée de Koné ont été renforcés. "On a doublé le nombre de magistrats passant de un à deux, doublé les effectifs du greffe de trois à six personnes" souligne Claire Lanet. "Depuis le 1er janvier 2015, les transferts de compétences accordés sur le plan judiciaire aux magistrats de Koné leur permettent d'appliquer les peines, l'audiencement et les ordonnances pénales", poursuit-elle. Mais il manque un élément fondamental et essentiel, ont rappelé l'ensemble des partenaires : la présence d'un vice-procureur qui représenterait le procureur de la République en Province nord. "Il pourrait traiter toutes les procédures, gérer les greffiers, travailler directement avec la gendarmerie et les officiers de police judiciaire. La nécessité est de créer un tribunal de plein exercice " explique le procureur de la République. Son arrivée est prévue pour le mois de septembre.
 
La délinquance routière pointée du doigt
 
L'activité pénale en Province Nord est importante. 28% des affaires concernent l'ensemble de la région. On comptabilise un peu plus de 11% de l'ensemble des faits constatés sur le territoire de la Nouvelle-Calédonie et 23% de la délinquance en zone gendarmerie. Les chiffres de la délinquance restent stables et en dépit de l'activité très soutenue des services de gendarmerie, la délinquance routière ne baisse pas. "36% des tués sur la route sont enregistrés sur cette partie du Territoire", rappelle Claire Lanet. La Province nord fait figure de mauvais élève. Avec le développement économique de la zone, le monde judiciaire calédonien admet qu'il faut déjà réfléchir à une justice de demain. "Il faut que la justice soit ouverte et originale pour associer les autorités coutumières" insiste André Angibeaud, le président du Tribunal de la section détachée de Koné, afin de construire une justice qui rassemble l'ensemble des acteurs locaux.