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Sommet du FIP : l'Australie et la Nouvelle-Zélande sur le banc des accusés

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« On attend de nos grands frères qu'ils nous soutiennent », déclare Anote Tong, le président des Kiribati
©AFP
Accueil officiel des dirigeants des pays de la région dont le président de la Nouvelle-Calédonie, Philippe Germain, hier soir, à Port-Moresby. Le Premier ministre australien n'arrivera que ce soir dans la capitale papoue, mais son nom était déjà sur toutes les lèvres.
Tony Abbott est invité à revoir au plus vite sa politique énergétique. Tous les membres du Forum sont tenus d'aider les petits États insulaires comme les Kiribati, Tuvalu et les Îles Marshall à lutter contre le changement climatique, souligne le Premier ministre papou, Peter O'Neill : « Nos peuples ne devraient pas à avoir à changer de mode de vie ou à abandonner des traditions vieilles de milliers d'années à cause des actions des grands pays et de leurs émissions   carbone. »
 

Réduction des gaz à effet de serre de 26% d'ici 2030

L'Australie s'est fixée pour objectif de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 26% d'ici 2030, par rapport à 2005. Un objectif jugé très insuffisant par ses voisins. Pour le faire changer d'avis, le président des Kiribati, Anote Tong, l'invite à venir passer du temps dans l'archipel pour qu'il se rende compte de la situation : « J'adorerais qu'il vienne et qu'il reste ici toute sa vie ! » 
 
 

"Ce qui se passe en ce moment en Europe, c'est ce qui va se passer dans le futur avec le changement climatique : une migration massive, forcée

Conscient qu'il a peu de chances de convaincre le Premier ministre australien de venir vivre aux Kiribati, Anote Tong agite la menace d'un afflux de réfugiés : 
« Ce qui se passe en ce moment en Europe, c'est ce qui va se passer dans le futur avec le changement climatique : une migration massive, forcée. »
Et le président des Kiribati de préciser qu'il parle d'un futur très proche. « D'ici cinq ans, plusieurs communautés vont devoir être relogées ailleurs », affirme-t-il.

 

Menace d'exclusion des mauvais voisins

Autre menace agitée par les nations du Pacifique : même si l'Australie et la Nouvelle-Zélande sont les deux poids lourds du Forum des îles du Pacifique, elles pourraient être exclues de l'organisation si elles ne font pas d'efforts. Une menace légitime, estime le directeur de Greenpeace Australie, David Ritter : « L'Australie et la Nouvelle-Zélande se révèlent être de très très mauvais voisins. Quel genre de voisin, quel genre de frère met sur la table des objectifs de réduction des émissions profondément insuffisants ? C'est gênant. »
Malgré toutes ces critiques, le Premier ministre néo-zélandais affirme être tout à fait à l'aise sur le sujet.

Wellington s'engage à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30% d'ici 2030, par rapport à 2005. 
« C'est totalement compréhensible que des pays qui se situent au niveau de la mer ou juste au-dessus soient inquiets de la hausse annoncée des eaux. Mais la Nouvelle-Zélande n'essaie pas de fuir et d'échapper aux objectifs qu'elle s'est fixée et aux actions qu'elle a prises. Je pense sincèrement qu'on fait ce qu'il faut faire », déclare John Key à la radio nationale néo-zélandaise.
 
 
Contexte de ce 46ème sommet du FIP
Ce sommet  permet aussi aux dirigeants de la région de prendre la mesure de la sécheresse qui sévit depuis plusieurs semaines en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Plusieurs pannes de courant ont eu à Port-Moresby ces derniers jours à cause de la baisse du niveau  des eaux du barrage de Sirinumu. La capitale papoue dépend largement de l'hydroélectricité. 
Dans la province de Madang, les cours d'eau sont asséchés et de nombreux potagers ont été détruits. Les autorités locales appellent à l'aide. 80% de la province est affectée par les conséquences de la présence d'El Nino, affirment-elles.
La situation s'est, en revanche, améliorée dans la province d'Enga. La pluie est revenue ces deux dernières semaines. Les habitants attendent tout de même l'aide promise par le gouvernement, le gel ayant détruit de nombreuses cultures. Les autorités locales manquent d'argent pour acheter ou louer des camions, ce qui complique l'acheminent de l'aide alimentaire.
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