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Reconstruire après un cyclone : la leçon de résilience de Tanna Farms, au Vanuatu.

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Cyclone Pam Tanna 280216
Au lendemain du passage du cyclone Pam sur l'ile de Tanna. ©Reuters.
Le Néo-Zélandais Jono Bushell et le Vanuatais Seth Kaurua ont ouvert leur petite usine de production d’huile de coco sur l’ile de Tanna, en mars 2015. Une semaine plus tard, le cyclone Pam s’abattait sur le Vanuatu. Un an après, ils ont transformé cette catastrophe en succès.
Il y a un an, Pam, un cyclone de catégorie 5, hachait menu la végétation et les habitations sur l’ile de Tanna, l’une des plus durement touchées. "C’est très triste, notre usine s’est tout simplement envolée, se souvient Seth Kaurua, l’un des deux fondateurs de l’entreprise Tanna Farms, initialement fondée pour produire de l’huile de coco. Le cyclone l’a arrachée, et on a retrouvé le batiment en pièces détachées 60 mètres plus loin, dans un grand manguier.”
Sans usine et sans noix de coco, car Pam avait bien sûr aussi laminé les cocoteraies, Tanna Farms n’avait donc plus qu’à fermer ses portes après seulement une semaine d’activité. Mais l’idée était intolérable aux deux partenaires.  “Seth et moi en avons discuté pendant environ 30 secondes, raconte Jono Bushell. Et on est tout de suite arrivés à la conclusion qu’on ne pouvait pas renoncer, partir, parce qu’on avait déjà eu un tel impact sur la communauté ici, on ne pouvait pas baisser les bras à la première difficulté.” 

Tanna Farms Vanuatu
L’équipe de l’usine de production d’huile de coco de Tanna Farms pose fièrement, au moment de l’ouverture. Une semaine plus tard, le bâtiment et les cocoteraies étaient détruits par la rage de Pam. ©ABC Radio Australia

 

Avant le passage de Pam, Jono Bushell et Seth Kaurua encourageaient leurs producteurs de noix de coco à ne pas faire de la monoculture, mais à aussi cultiver des plantes pour nourrir leurs familles, afin de ne pas dépendre du salaire versé par Tanna Farms pour les précieuses noix de coco. Voilà pourquoi ils avaient aussi planté des arachides, qui elles, ont bien résisté au cyclone. "J’étais assis dans un coin, on n’avait pas d’électricité, pas grand chose à faire car les noix de coco avaient été arrachées des arbres, et que nous n’avions plus d’usine, explique Jono Bushell. Et puis j’ai dit à Seth, “mon pote, il nous reste toutes ces arachides, on pourrait peut-etre en faire quelque chose.” 
 
C’est ainsi que l’entreprise Tanna Farms, concue pour faire de l’huile de coco, s’est finalement reconvertie en productrice de beurre de cacahuètes. Toutes les étapes de la production sont assurées par les habitants de Lenakel et des alentours. 12 mois après le passage destructeur de Pam, Tanna Farms est enfin devenue une entreprise qui marche. 
 
“Nous promouvons notre beurre de cacahuètes dans plusieurs endroits au Vanuatu, nous vendons beaucoup aux épiceries de Port-Vila, se félicite Seth Kaurua. Chaque jour, les épiciers nous passent commande donc nous nous portons plutôt bien. Nous essayons de trouver de nouveaux clients dans d’autres endroits, pour notre entreprise, mais aussi pour les cultivateurs qui travaillent pour nous, qui en tirent un salaire.” 
 
Depuis Pam, Jono Bushell et Seth Kaurua ont décidé de reverser aux habitants de Tanna un dollar par pot de beurre de cacahuètes vendu, pour acheter des fournitures scolaires. 
 
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