21e Parallèle Sud : de la Nouvelle-Calédonie à Madagascar, deux usines de nickel si loin, si proches…

transition énergétique
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Usine hydro métallurgique d'Ambatovy sur la côte est de Madagascar ©Sumitomo/Ambatovy

L’Usine du Sud de la Nouvelle-Calédonie et l’Usine de nickel d’Ambatovy à Madagascar ont deux points communs ; elles produisent le nickel de la transition énergétique et elles sont situées sur le 21e parallèle sud. Les conditions sociétales et environnementales sont toutefois différentes.

Le 21e parallèle sud passe au-dessus des océans sur environ 75 % de sa longueur. Du point de vue des terres émergées, il traverse plusieurs "terres de nickel", dont Madagascar, l’Australie et la Nouvelle-Calédonie.

12.000 kilomètres les séparent. Entre elles, se trouve aussi l’Usine de nickel de Murrin Murrin en Australie. Ambatovy à Madagascar, Goro en Nouvelle-Calédonie deux grands gisements de nickel et leurs usines. 

Ambatovy Nickel ressemble à l’Usine du Sud de la Nouvelle-Calédonie et son histoire, bien que différente, fut aussi compliquée. Pannes et incidents industriels, fluctuation des cours du nickel, changement d’actionnaires ; aujourdhui ils sont japonais, canadiens et coréens : Sumitomo, Sherritt et Korea Resources. 

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Usine hydrométallurgique Ambatovy nickel à Madagascar ©Sumitomo/Ambatovy

Ambatovy produit des briquettes de nickel métal, un affinage supplémentaire auquel l’Usine du Sud a renoncé pour se spécialiser dans un produit intermédiaire destiné tout spécialement aux batteries électriques.

Ambatovy est donc une usine en bord de mer adossée à un grand gisement de nickel. Son sauvetage, elle le doit aussi au boom des cours du nickel intervenu il y a un peu plus de quatre mois, même si le prix du métal est récemment redescendu sur terre, passant de 20.000 dollars à un peu plus de 16.000 dollars la tonne.

La comparaison avec la Nouvelle-Calédonie s’arrête là. A Madagascar, un pipeline de 120 kilomètres de long traverse la grande île dans sa largeur "pour transporter le minerai mis en pulpe, depuis la mine jusqu'à l'usine de nickel", indique Jean-Louis Cardini de mp3 consulting au Luxembourg. "Le pipeline a traversé la forêt primaire"  souligne Lucie Peytermann, photographe à l’AFP.

"Pour les salaires et les conditions de travail on est à Madagascar, et c'est un atout pour les investisseurs", précise une source malgache, sous couvert d'anonymat. Le groupe japonais Sumitomo affirme néanmoins son engagement sociétal et son soutien aux communautés locales...

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Pendant le passage du pipeline du nickel à Madagascar en 2008. ©Lucie Peytermann AFP

Ce lundi, Sumitomo, actionnaire principal d’Ambatovy, a annoncé que la mine et l’usine d'Ambatovy avaient redémarré la production de nickel le 23 mars, dans l’objectif d’augmenter les livraisons, un an après la suspension des opérations en raison de l'épidémie de coronavirus.

Le complexe industriel malgache vise à produire plus de 40.000 tonnes de métal pur au cours de l'année fiscale commençant le 1er avril. Une production qui intéresse le secteur des batteries des véhicules électriques, et notamment le constructeur japonais Toyota qui se positionne à Madagascar, tout comme Tesla en Nouvelle-Calédonie et BMW en Australie.

La maintenance de l’usine malgache serait désormais assurée par l'ancien responsable technique de l’autre usine calédonienne, celle du Nord, ont indiqué à la 1ère deux sources du secteur en Nouvelle-Calédonie.

LME

Le prix du nickel reflétant l’équilibre entre offre et demande, l’offre va donc augmenter avec l'augmentation attendue de la production des usines calédoniennes et malgaches. Le billet vert s'étant apprécié la semaine dernière face à un panier de monnaies, le prix du nickel est devenu mécaniquement plus cher pour les acheteurs, notamment chinois. Lundi soir à Londres, le cours au LME était de 16.202 dollars la tonne en baisse de 1,16 %.

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