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L'Académie des langues kanak édite des pépites

L’ALK donne une seconde vie au travail du linguiste japonais Tadahiko Shintani sur la langue nráa drùbea. L'Académie des langues kanak publie aussi des contes, destinés au public scolaire de Nouvelle-Calédonie. Et elle étend son application de traduction pour téléphone portable et tablette.

© NC la 1ere
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  • Alix Madec et David Sigal, avec Françoise Tromeur
  • Publié le
En 2014, le recensement décomptait 1268 locuteurs de nráa drùbea, langue parlée traditionnellement par les clans kanak originaires de Païta, Dumbéa, Nouméa et Unia, à Yaté. Un dialecte pour lequel un linguiste japonais a œuvré durant deux décennies. Tadahiko L.A. Shintani a effectué de patientes recherches. Dès 1983, grâce à des locutrices dévouées à la sauvegarde de leur parler, puis avec l’association Beca jii kuu yë.
 
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Travail de longue haleine

Un travail de longue haleine initié par sa rencontre avec Sophie Nakamura. «Je l'emmenais tous les jours au col de la Pirogue, raconte celle-ci. On travaillait toute la journée. Il enregistrait, enregistrait, enregistrait.» Il en est notamment ressorti un ouvrage de référence : l'Analyse du parler nráa drùbea publiée en 2004. C'est ce livre que l'Académie des langues kanak réédite dans une version modernisée, pour un coût d'environ cinq millions.
 
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Langue complexe

Avec de très nombreuses voyelles, ou encore des tons et des significations qui varient pour un même mot, le nràa drùbea s'avère l’une des langues les plus complexes du pays. «La proposition d'écriture que l'ALK a sortie est plus simple», explique Marie-Gabriella Mapou, chargée d’étude de l’aire drubea-kapumë au sein de l’Académie. «Elle a été simplifiée, mais toujours basée sur les travaux de Shintani. On a essayé de faire quelque chose qui puisse convenir à tout le monde.» Aux curieux désireux d'apprendre la langue, comme aux locuteurs qui la parlent déjà.
 
Le traducteur pour téléphones et tablettes. © NC la 1ere
© NC la 1ere Le traducteur pour téléphones et tablettes.
 

Traducteur

Pour séduire les plus jeunes, une application pour téléphone portable et tablette a d’ailleurs été développée, depuis près de deux ans. Elle peut être trouvée sous le nom «traducteur ALK» sur les plate-formes de téléchargement. Et recense pour le moment des phrases indispensables dans quatre langues, dont le drùbea. «On voit que les jeunes font de plus en plus de publications en langue sur Facebook», observe Fabrice Wacalie, référent scientifique de l’Académie. «Ça témoigne bien d'une volonté de préserver les langues justement par ces nouveaux vecteurs médiatiques.»
 

Bientôt le Wallisien et le Futunien

L'appli aurait été téléchargée plus de 5300 fois. Un pas vers la modernité qui s'ouvre désormais à la langue a'jië - parlée dans la région de Houaïlou mais également à Monéo sur la commune de Ponérihouen, à Kouaoua et à Poya. Les autres communautés du Caillou sont concernées : les langues wallisienne et futunienne devraient être ajoutées à partir du 21 septembre.
 
© ALK
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Six livrets

Autres outils destinés aux nouvelles générations, des livres de contes. Six histoires écrits en drehu par Tila Ayrault-Waithiko, aujourd'hui disparue, ont été traduits par l'ALK en français et dans d’autres langues kanak (drùbea, numèè, ‘ôrôê, xârâcùù et nengone). Les livrets ont été initiés et financés par la province Sud, qui les destine à ses écoliers.

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