Assises : dix ans de réclusion pour l'ancien adjoint de sécurité jugé pour le viol d'une Nouméenne de 79 ans

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©Natacha Lassauce-Cognard
Les faits se sont déroulés en décembre 2019, à Nouméa. Après deux heures de délibéré, le verdict est tombé ce lundi, aux assises : l'accusé est condamné à dix ans de réclusion criminelle et cinq années de suivi socio-judiciaire.

Un ancien adjoint de sécurité de la police a été condamné, lundi 5 juillet, à dix ans de réclusion criminelle et cinq années de suivi socio-judiciaire. En détention depuis 18 mois, il était accusé d’avoir commis un viol sur une personne âgée et vulnérable.

Les faits se sont déroulés le 27 décembre 2019, et c'est un jeune homme de 25 ans, défendu par Me Denis Milliard, qui s'est présenté devant la cour d'assises.

Il est tout d'abord interrogé sur sa personnalité. Il prend la parole et explique qu'il ne se considère pas comme violent. Il reconnaît tout de même être dépendant au kava et à l'alcool. Le directeur d'enquête révèle que lors de son interpellation, l'accusé comptait des taux importants de cannabis, de kava et d'alcool, soit 0,71 mg par litre d'air expiré. 

Agression sexuelle et viol avec menace

Le vendredi 27 décembre 2019, l'accusé, alors agent contractuel de la police nationale, boit au Ouen Toro avec des collègues. Son chef de brigade en patrouille lui conseille de rentrer chez lui car il doit travailler le soir même. L'accusé arrive du côté du quartier de Trianon à Nouméa et entre dans la maison d'une octogénaire qui vit seule. Le jeune homme doit répondre d'agression sexuelle et de viol avec menace sur cette femme âgée de 79 ans à l'époque, représentée par Me Laure Chatain. 

Brutalisée et poussée sur le lit

C'est une femme chétive, au visage émacié, qui témoigne à la barre. La victime est aujourd'hui âgée de 81 ans. Elle revient sur les faits qui se sont déroulés chez elle ce jour-là, entre 9 heures et 11 heures. "L'accusé a frappé à ma porte, je lui ai ouvert et il m'a poussée à l'intérieur. Il m'a brutalisée et poussée sur mon lit. Il me disait : 'Si tu parles je te tuerai direct'". La victime arrivera à sortir de chez elle grâce à un coup de téléphone. 

La présidente de la cour, Claire Lanet, a soulevé la question de l'attitude de ces jeunes policiers adjoints qui passent toute la nuit à boire et qui doivent ensuite gérer des gardes à vue et des ivresses publiques manifestes. En cette fin de matinée, l’accusé ne se dit pas coupable des faits qui lui sont reprochés. À la question de la présidente de la cour: "Est ce que cette dame ment ?" Il répond : "je ne sais pas, je n’ai pas de souvenirs." Mais revirement de situation en début d'après-midi : l’accusé reconnaît avoir violé la victime, mais pour lui il n’a pas été violent. 

Alcoolisation massive

Cet après-midi, place aux les expertises médicales. Expert psychiatre, le docteur Lehericy a reçu l’accusé le 29 décembre 2019 sur réquisition du parquet. A l'époque, il est étonné de l’écart d’âge de deux générations entre l’accusé et la victime, pourtant il n’observe pas chez l’accusé de maladies psychiatriques, ni d’attirance particulière pour les femmes âgées. D'après le médecin, l’alcoolisation massive volontaire l’aurait entraîné dans un dérapage comportemental. Il refoulait ses pulsions jusqu’au drame.