Australie : J-1 avant les élections législatives et sénatoriales

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Australie : les deux candidats aux législatives et aux sénatoriales
Bill Shorten chef de file du Parti Travailliste et Malcom Turnbull, chef de file du parti libéral ©cc-Peter Campbell cc-Clydell Kinchen
À l'approche du scrutin, les questions de sécurité ou même d'économie sont délaissées par les deux principaux candidats. Bill Shorten et Malcolm Turn bull s'opposent sur la légalisation du mariage entre personnes de même sexe.

L'ancien Premier ministre Tony Abbott n'a pas résisté à lancer une dernière pique à celui qui l'a délogé: Malcolm Turnbull.
Si le mariage gay est le sujet le plus discuté cette semaine, c'est parce que les questions essentielles sont mises de côté, affirme Tony Abbott :
 
« La sécurité intérieure n'a joué quasiment aucun rôle dans cette campagne, même la question de la sécurité aux frontières a, à peine été abordée.
J'imagine que si ces sujets essentiels ne sont pas au premier plan, alors des considérations de second ordre prennent leur place
. »
 

Une question au centre des débats

C'est l'un des rares sujets sur lesquels les deux principaux partis ont des opinions différentes.
Si le Parti Libéral remporte les élections, il entend organiser un référendum avant la fin de l'année.
Le Parti Travailliste préfère laisser le Parlement se prononcer sur la question, comme l'annonce son chef de file, Bill Shorten :
 
« Je promets aux Australiens que si nous sommes élus, nous légaliserons le mariage pour tous au cours des 100 premiers jours de notre mandat.
Ce sera un vote de conscience (les députés n'auront pas à suivre la ligne du parti, NDLR). Et ça passera. Pourquoi le parti libéral ne laisse-t-il pas les hommes politiques faire leur travail au lieu de dépenser 160 millions de dollars, juste parce que c'est le deal passé par Malcolm Turnbull pour prendre la tête du parti libéral ?
»
 
Le parti travailliste, comme les Verts, estime que demander aux citoyens de se prononcer directement, c'est laisser la porte ouverte à l'homophobie.
Autre inconvénient, selon l'opposition : le référendum n'est qu'une consultation, c'est le Parlement qui aura le dernier mot, et les élus pourraient ne pas respecter le choix des citoyens. 
 
Malcolm Turnbull assure qu'il n'y a là rien à craindre :
 
« Je connais suffisamment le Parlement, je connais suffisamment mes collègues, et on connaît tous, je pense, la réalité de la politique pour savoir que si les Australiens votent oui au référendum, cela passera facilement au Parlement. Il y a peu de certitudes en politique, mais c'est l'une d'entre elles. »
 
Mais avant même de pouvoir organiser un référendum, il faudra avoir l'accord du Parlement.
Et même en cas de défaite, les travaillistes et les Verts pourraient être en mesure de bloquer le texte au Sénat.
Pour le moment, ils laissent planer le doute sur leurs intentions.
Chris Bowen, du parti travailliste :
 
« Si on arrive en deuxième place samedi, eh bien on décidera alors de notre position sur la question. Je ne vais pas anticiper le résultat de l'élection et ce que ferait un cabinet fantôme, si cela arrivait. »
 
Il y a tout de même un point essentiel sur lequel les deux chefs de file sont d'accord : Malcolm Turnbull et Bill Shorten sont favorables à la légalisation du mariage homosexuel.