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Australie: le Territoire du Nord poursuit en justice deux détenus mineurs

Le Premier ministre, Malcolm Turnbull, a mis sur pied une commission royale d'enquête dans le Territoire du Nord. Mais 3 institutions aborigènes refusent que le gouvernement du territoire soit associé à la commission, car ils estiment qu'il y a un conflit d'intérêt. 

  • Caroline Lafargue/ABC Radio Australia (CM)
  • Publié le
La commission royale d'enquête va examiner les défaillances du dispositif de protection de l'enfance et du régime de détention des mineurs depuis 2006, et elle concernera donc avant tout des enfants et des adolescents aborigènes. En 2014, 97% des mineurs détenus dans le Territoire du Nord étaient des Aborigènes.
 
Mais d'après plusieurs avocats et le quotidien "The Australian", la commission n'aura pas les moyens de faire justice, car, les lois du Territoire du Nord protègent les gardiens des centres pénitentiaires.
 
Les matons violents risquent de ne jamais être condamnés - y compris ceux qui ont bombé au gaz lacrymogène 6 jeunes détenus en 2014, dont certains jouaient tranquillement aux cartes; et ceux qui ont attaché le jeune Dylan Voller à une chaise et lui ont passé une cagoule intégrale sur la tête. 
 
2 des adolescents gazés dans leurs cellules ont poursuivi en justice les autorités du Territoire du Nord en juin. Avant l'épisode du gaz lacrymogène, ces jeunes s'étaient évadés, avant de de retourner à la prison, et d'enfoncer la porte de l'établissement au volant de leur voiture volée. Le gouvernement territorial a porté plainte contre les jeunes évadés en juillet, et leur réclame des dommages et intérêts. 
 
Cette contre-attaque judiciaire a fait vivement réagir trois groupes aborigènes du Territoire du Nord - le Conseil de la terre du nord, le conseil de la terre du centre, et l'alliance des services médicaux aborigènes. John Patterson est leur porte-parole: 
 
« Nous trouvons cela scandaleux. (...) Si c'est comme ça que le gouvernement territorial se comporte avant même le début des travaux de la commission royale, ce n'est pas bon signe, et cela prouve son conflit d'intérêts. La feuille de route de la commission d'enquête a été établie (par le gouvernement fédéral, NDLR), en concertation avec le gouvernement du Territoire du Nord. Nous sommes opposés à cette consultation, car le gouvernement du Territoire du Nord devrait être tenus à distance de tout ce processus. » 
 
Les trois groupes aborigènes regrettent aussi de ne pas avoir été consultés sur la création de la commission royale d'enquête. Mais le Garde des Sceaux, George Brandis, a précisé que deux conseillers aborigènes ont été consultés par le gouvernement - Warren Mundine, et Mick Gooda, le commissaire à la justice sociale pour les Aborigènes et les Indigènes du détroit de Torrès. 
 
Le Premier ministre, Malcolm Turnbull, a nommé Brian Ross Martin à la tête de la commission. C'est l'ancien premier juge du Territoire du Nord, vivement critiqué en 2005 quand il a condamné à seulement un mois de prison un Aborigène de 55 ans, coupable d'agression sexuelle et coups et blessures sur sa fiancée de 14 ans. En 2012, le juge Martin a finalement reconnu que sa condamnation n'était pas assez sévère. 
 

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