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Calédoniens ailleurs : Stéphane Lefevre, vivre à fond ses rêves

Nombre de nos compatriotes font le choix de quitter la Nouvelle-Calédonie. Etudes, recherche d'emploi, envie d'ailleurs, les raisons sont multiples. Mais qui sont ces Calédoniens qui tentent l'aventure ailleurs ? Cette semaine, Stéphane Lefevre, maître brasseur.
 

Calédoniens ailleurs : Stéphane Lefevre, vivre à fond ses rêves © DR
© DR Calédoniens ailleurs : Stéphane Lefevre, vivre à fond ses rêves
  • Par Ambre Lefeivre
  • Publié le
« J’ai un esprit vagabond. Depuis petit, je tente plein de choses, je picore, j’essaye. » A 32 ans, Stéphane a un parcours aussi brillant qu’atypique. Collaborateur parlementaire, comédien, maître brasseur, le Calédonien est un touche-à-tout passionné, un rêveur qui se donne à fond dans chaque projet qu’il entreprend.

Lycéen, cet excellent élève est autant attiré par la diplomatie - « j'aime les enjeux importants que cela implique, les voyages, le côté représentation» -  que par le cinéma. Ce fan de septième art passe alors le concours de Sciences-Po Strasbourg. « Je voulais faire la Femis (École nationale supérieure des métiers de l'image et du son, ndlr) mais il fallait déjà avoir un diplôme supérieur alors je me suis tourné vers mon autre choix. » A Sciences-Po, le Nouméen est séduit par le programme qu’offre la grande école. Son diplôme en poche, Stéphane décide de continuer.  Il intègre en 2008 le M2 Institut des relations internationales et stratégiques, la diplomatie toujours en ligne de mire.  Après une année au pays de Galles, il prépare tout seul le concours de conseiller des affaires étrangères. Mais sa motivation et son investissement ne suffisent pas et Stéphane rate le concours. « Je ne l’ai pas bien vécu, j’avais grillé ma carte. Je ne savais pas comment rebondir. »
 
Sciences-po, collaborateur parlementaire, comédien, Stéphane est un touche-à-tout passionné © DR
© DR Sciences-po, collaborateur parlementaire, comédien, Stéphane est un touche-à-tout passionné

Après quelques mois de réflexion, le Calédonien a le déclic. « Je me suis rendu compte que les autres avançaient et pas moi. » Sur les conseils d’une amie, il postule comme collaborateur parlementaire de Gaël Yanno, alors député. « J’y ai vu l’opportunité de faire autre chose. » De septembre 2011 à juin 2012, il découvre ainsi les rouages de l’Assemblée nationale. « Ce fut une expérience agréable et grisante, le fait de découvrir l’envers d’un décor. » Après l’échec de Gaël Yanno aux législatives, le Nouméen décide de changer radicalement de vie. Alors qu’il se questionne sur son avenir, un ami lui propose de s’associer dans une entreprise spécialisée dans l’étiquetage personnalisé de bières.  Your Beer est lancé et le Calédonien en profite pour faire une formation d’un mois à La Rochelle comme opérateur de brasserie. Stéphane poursuit cette aventure pendant un an et demi. « Ca ne me plaisait pas plus que cela car je gérais toute la partie administration. »
 
Stéphane s’est lancé dans la bière artisanale avec trois amis © DR
© DR Stéphane s’est lancé dans la bière artisanale avec trois amis

Il décide alors de retrouver ses premières amours, le cinéma. « J’avais l’impression que je me refoulais sur une carrière d’artiste depuis longtemps. » De septembre  2014 à juillet 2016, il prend des cours à l’école Acting International à Paris. En parallèle, pour gagner sa vie, il devient rédacteur web. La vie lui réserve d’autres projets quand un ami vient le voir pour lui proposer de créer une brasserie artisanale installée dans la banlieue Orléans. « J’ai trouvé ça suffisamment ambitieux pour me lancer dedans et puis un autre associé gérait la paperasse. » Stéphane s’occupe de créer les recettes et de chercher de nouveaux ingrédients.
 
Le Calédonien est le brasseur de la bande dans le projet « Big Bang Beers » © DR
© DR Le Calédonien est le brasseur de la bande dans le projet « Big Bang Beers »

Depuis deux ans, Big Bang Beers, qui est une bière faite avec des maltes locaux créés en énergie propre, mène tranquillement sa barque. Les trois gérants vendent leurs produits chez des cavistes, dans des bars et des restaurants de l’Ile-de-France et de la région Centre. « On a stabilisé les recettes, on développe notre clientèle et on va intégrer une centrale d’achats d’un réseau de caves. » Mais Stéphane n’est pas prêt d’arrêter de vivre ses rêves.  Quand l’activité deviendra rentable - « pour me dire que j’ai accompli quelque chose » - il retrouvera le cinéma, le théâtre et l’écriture. « Je n’ai pas ce côté résilient de me dire de faire quelque chose pour seulement gagner ma vie, j’ai envie de faire ce que j’aime. »

par ambre@lefeivre.info 
A cinq mois du référendum d’autodétermination, découvrez chaque semaine, le regard que porte le « Calédonien ailleurs » de la semaine sur cette échéance. Stéphane a répondu à nos questions.

Comment appréhendez vous le référendum ? Êtes vous serein, inquiet ? 

Je suis content qu’il se tienne. Enfin ça va débloquer quelque chose. C’était un peu l’épouvantail de tout le monde. Je ne m’inquiète pas.

Reviendriez-vous vivre en Nouvelle-Calédonie quelque soit le résultat du vote ? 

Je ne pense pas revenir vivre en Nouvelle-Calédonie mais si je devais revenir, le résultat m’importerait peu.

Comment la Nouvelle-Calédonie doit se développer ? Dans quels domaines ? 

On doit creuser les pistes qui sont parallèles à l’économie du nickel. On sait que la ressource va se tarir. Le tourisme doit se développer et l’aquaculture, même si c’est anecdotique. Il faut faire avec les richesses que l’on a.
 

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