Cette semaine, le nickel fait grise mine

nickel
LME de Londres. London Metal Exchange
City de Londres. Nouveau siège du London Metal Exchange ©Alain Jeannin
Le Nickel et l’ensemble des métaux industriels côtés au London Metal Exchange ont perdu du terrain. Le métal gris finit la semaine à la traine, comme il l’avait commencé. Le marché londonien hésite à préserver le seuil des 10.000 dollars la tonne.
Les analystes londoniens n’ont pas reçu de nouvelles particulièrement importantes cette semaine. La demande de nickel n’a pas été suffisante pour relancer les cours du métal. Les ventes liquidatives ont dominé les échanges. Outre la hausse des réserves du LME, le marché mondial du nickel a fait état d'un déficit de seulement 1.100 tonnes en janvier, selon le International Nickel Study Group (INSG), plus faible que ne l'attendaient les analystes et les négociants de Londres et de Shanghai.

Interrogations

La City a des doutes sur la faisabilité du programme de rénovation des infrastructures aux Etats-Unis, car le président américain se heurte à une vive opposition du congrès. Donald Trump a promis de consacrer mille milliards de dollars d’investissements publics et privés pour remettre à niveau les ponts, les routes et les immeubles, ce qui nécessiterait énormément d’acier, du manganèse et du nickel. Mais pour le moment, rien n’est financé.
L’offre augmente, les prix baissent. Du côté des producteurs, le marché londonien (LME) retient que le ministère philippin de l’environnement autorise huit compagnies minières à exporter des stocks de minerai vers la Chine. En conséquence, le seuil des 10.000 dollars a été franchi à la baisse.

Nickel Pig Iron

Le nickel est revenu brièvement au niveau psychologique des 10.000 dollars vendredi matin, après l’annonce d’une baisse de la production de fonte de nickel (NPI) de basse qualité en Chine. Le NPI est soumis à des restrictions environnementales en raison de la très forte pollution qu’il engendre. Pour l’agence Reuters, il s’agit d’une option intéressante pour le ferronickel calédonien qui représente une alternative au NPI chinois ou indonésien.

En direct du LME

Pour Boris Mikanikrezaï analyste du nickel au Metal Bulletin, « C’est une semaine morose pour les métaux en général et le nickel en particulier. Les métaux ont baissé, ils sont soumis à des forces macro-économiques. Le très fort appétit des investisseurs s’est envolé. Les fonds spéculatifs ont parié sur la hausse des métaux, ils ont fait monter les prix, mais cette semaine, soudain, on a eu un petit crach, des ventes fortes de cuivre et de nickel, et les prix ont chuté ». Illustration vendredi soir à la City, le nickel évoluait sous la barre des 10.000 dollars la tonne, en baisse de près de 3,63 % sur 5 jours.
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