Des salariés d'Eramet (SLN) en Nouvelle-Calédonie soutiennent la PDG du groupe menacée de départ

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Christel Bories,PDG d'Eramet : le sauvetage de la SLN est sa priorité ©AFP

Des salariés actionnaires d'Eramet, et parmi eux des mineurs et des métallurgistes de la Société Le Nickel (SLN) en Nouvelle-Calédonie, ont envoyé une lettre aux administrateurs du groupe français de la transition énergétique pour soutenir sa PDG Christel Bories.

Christel Bories, l’une des rares femmes à diriger un groupe minier au niveau mondial, est actuellement sous la menace de la famille Duval, premier actionnaire du groupe, qui demande son départ.

"Par sa capacité à décider et à agir, nous reconnaissons en Christel Bories un vrai capitaine d'industrie" et dans le contexte de l'épidémie de Covid-19, "il nous apparait invraisemblable de changer dans la tourmente celle (...) qui, grâce aux actions engagées depuis bientôt 4 ans, a permis au groupe de résister à cette crise majeure", selon ce courrier dévoilé par Les Echos et consulté par l'AFP et la 1ère.

Rassemblés sous le nom "Christel@Eramet", ils affirment réunir plus de 250 salariés, dont des membres du Comex, des cadres dirigeants ou encore des représentants syndicaux, dans l'hexagone, en Nouvelle-Calédonie et au Gabon.

Ils ont aussi créé un groupe sur le réseau professionnel LinkedIn afin d'afficher leur soutien à Christel Bories. "Nous sommes convaincus que la transformation d'Eramet engagée depuis bientôt quatre ans apporte la preuve de sa pertinence", est-il écrit dans le descriptif de ce groupe de "soutien de Christel Bories jusqu'au renouvellement de son mandat à la tête d'Eramet". 

"Le soutien à Christel Bories s’est fait naturellement, spontanément, car nous nous connaissons bien, nous formons un groupe, une famille qui s'appelle Eramet. Nous sommes amenés à travailler ensemble plusieurs fois par an. Les collègues de la SLN viennent régulièrement au centre d’innovation intégré à Trappes en banlieue parisienne, et nous nous rendons en Nouvelle-Calédonie. Nous avons voulu faire entendre notre voix de façon symbolique mais déterminée", indique à la 1ère un membre du collectif de soutien chez Eramet Ideas.

 

Depuis plusieurs semaines, la famille Duval, premier actionnaire du groupe, avec près de 37% du capital et près de 44% des droits de vote, réclame le départ de la dirigeante.

La famille est liée par un pacte d'actionnaires avec l'État qui détient 25,57% du capital et 30,44% des droits de vote, avec son fonds FSI Equation. Au total, ce concert détient donc 74,4% des droits de vote.

La famille Duval critique notamment "la gestion du dossier de la Société Le Nickel une filiale d'Eramet en grande difficulté", écrivait début mars L'Agefi. Pourtant, la stratégie de Christel Bories, menée avec le soutien des équipes de la SLN, a permis au berceau mondial de l’industrie du nickel de redevenir rentable ces derniers mois.

La SLN a obtenu les meilleurs résultats des trois usines de nickel du Territoire, malgré le lourd handicap du coût de l’électricité. Le 4 mars dernier, la PDG d'Eramet avait aussi reçu le soutien de l'agence d'analyse financière Exane BNP Paribas. Eramet et la SLN sont résolument engagés dans la prise en compte des valeurs sociétales, notamment la promotion des femmes, et environnementales avec la réhabilitation des anciens sites miniers et la diminution volontariste des impacts de l'industrie de la transition énergétique. Des valeurs portées par Christel Bories.

Du côté de l'État, on indiquait à l'AFP et à la 1ère début mars qu'il n'y avait "aucun désir de changer la gouvernance" d'Eramet et on juge que "le bilan de Mme Bories est très positif", en soulignant notamment que le cours de l'action a gagné 103% au cours des six derniers mois et 107% depuis un an.

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L'usine de ferronickel SLN (ERAMET) de Doniambo en Nouvelle-Calédonie ©Alain Jeannin

 

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