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Tatau, la culture d'un art du 17 mars 2015 [vidéo]

Le réalisateur Jean-Philippe Joaquim rencontre le tatouage, il y a 4 ans. Dans ce film, il y raconte l’art du tatouage polynésien qui en pleine croissance connaît même une explosion sur la scène internationale.

  • Par Karine Boppdupont
  • Publié le , mis à jour le

Pitch

Il y a 4 ans le réalisateur Jean-Philippe Joaquim, anthropologue de formation, rencontre le tatouage, sujet de sa thèse. Ses recherches le conduisent vers la production d’un film tout naturellement. Il y raconte l’art du tatouage polynésien qui en pleine croissance connaît même une explosion sur la scène internationale. Mais d’ou vient le tatouage ?
En Polynésie, il est le marqueur vivant de toute une société. Là-bas être tatoué c’est à la fois porter une oeuvre d’art et affirmer des valeurs identitaires.
Mais dans ce film primé au FIFO par le Prix du SCAN (récompense la meilleure production locale), on parle aussi de l’aventure d’une nouvelle générations de tatoueurs qui ont su redonner du sens à une pratique trop longtemps déconsidérée voire dénigrée. Sur des images léchées et à l’occasion de la convention Polynésia, Tatau est l’occasion d’observer ces artistes dans le partage de leur savoir et l’échange de leurs cultures.

Note du réalisateur :

« Le tatouage est une pratique à l’image du comportement humain, il est un miroir dans lequel l’homme se reflète dans toute
sa complexité. C’est un médium offrant la possibilité d’identités multiples, il est un porteur de significations propres à l’individu qui l’arbore et à la culture dans laquelle il est utilisé, en synchronie avec son époque. Le tatouage dans sa forme actuelle, en Polynésie comme ailleurs, est un haut signe de nos sociétés humaines à disposer de leur propre corps, à l’image des danseurs qui, partant d’un même thème, peuvent le décliner à l’infini, selon leur propre style.
Le TATAU dans sa version contemporaine est bien plus qu’une culture de la marque corporelle, puisque c’est surtout la marque
d’une culture aux origines ancestrales, en même temps qu’une affirmation de soi. La marque d’une culture multiple au caractère
identitaire incontournable. »
 

Une histoire du tatouage

L’histoire du tatouage polynésien en quelques temps forts Tahiti et les Marquises partagent un fond culturel communs, ils
ont connu des histoires qui se ressemblent et se rejoignent par bien des aspects, mais c’est certainement dans leur art du tatouage que ces deux grands archipels sont les plus indissociables. C’est une noix de Bancoul, cette petite noix a accompagné tous les peuples du pacifique au cours de leurs migrations et a plusieurs fonctions dont celle primordiale de fournir l’encre aux tatoueurs traditionnels.
Le tatouage Tahitien et Marquisien -comme le tatouage Polynésien en général- jouit d’une image qui légitime sa place au niveau mondial comme une pratique éminemment culturelle. Mais cela n’a pas toujours été aussi vrai. Nombre d’agressions ont été perpétrées à travers le temps pour le désacraliser et tout simplement faire disparaître cette culture aux facettes multiples. Dans le film Bruno Saura à Tahiti (Anthropologue spécialiste de Tahiti) et Pierre et Marie Noëlle Ottino-Garanger aux Marquises (respectivement Archéologue et Anthropologue spécialistes des Marquises) nous content l’histoire des flux migratoires
fondateurs des sociétés Polynésiennes dans le Pacifique.
Ils nous font part des traces laissées par la civilisation Lapita au cours de leur périple, ainsi que des similitudes graphiques que
l’on trouve sur les pétroglyphes Tahitiens et Marquisiens. Ils nous précisent comment les cultures du pacifique ont adapté leur mythologie à leur environnement pour au final former un grand ensemble culturel cohérent… Jusqu’à l’arrivée des premiers
missionnaires et aux grands changements sociétaux qu’ils causèrent dans leur sillage. Puis c’est au tour de Flora Devatine (Académicienne) de nous apprendre en quoi les changements dus à l’action missionnaire sont autant de pertes de repères qui transformèrent profondément la structure et l’organisation de ces sociétés. Comment la répression des pratiques ancestrales s’est opérée avec l’appui des chefs locaux. Ce n’est qu’à la fin des années 70 que les consciences entamèrent une réflexion sur l’origine de cet abandon culturel, mais à l’époque, les tabous sociétaux ont encore la peau dure. Un élément très important
du « réveil » des consciences a sans doute été le premier rassemblement des cultures du grand Triangle, le Festival des arts du Pacifique en 1984, avec la participation des Samoa, une rencontre initiée par Tavana Salmon. Cet événement à été en quelque sorte le catalyseur qui poussa les tatoueurs locaux à vouloir s’organiser et créer des évènements qui mettront dès lors le TATAU à l’honneur dans ce qu’on appellera des «conventions de tatouage» comme elles se pratiquent ailleurs dans le monde. La
nouvelle génération de tatoueurs a participé aux différentes conventions qui se sont tenues sur le territoire, mais pour beaucoup, un grand cap a été passé en termes d’ouverture vers l’extérieur et réciproquement, c’est la convention qui se tint en 2000 à Taputapuatea à Raiatea - Lieu Hautement symbolique pour tous les peuples de Polynésie- La convention qui fit définitivement glisser le TATAU contemporain dans la sphère mondiale.
 

Le documentaire 

 

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